I. DÉFINITION :
L’infection ne correspond pas à la simple présence de germes dans l’organisme. Il existe en effet un équilibre entre les germes et l’organisme d’accueil. L’infection correspond à la rupture de cet équilibre qui peut provenir de deux causes : le germe devient plus virulent, ou, l’organisme d’accueil s’affaiblit.
Il faut différencier les infections chroniques, comme la tuberculeuse, des infections aiguës.
II. LES SIGNES CLINIQUES :
On peut classer les infections de trois façons :
· Selon le germe en cause : virus, bactéries, parasites animaux ou parasites végétaux (champignons). Il faut également distinguer les germes aérobies des germes anaérobies ou les signes cliniques seront plus importants.
· Selon l’extension de l’infection :
- Une infection locale correspond à une infection ou le germe reste au niveau du foyer infectieux.
- Une infection régionale correspond à une diffusion de l’infection à partir du foyer infectieux jusqu'à envahir toute une région du corps. La réaction de l’organisme peut s’accompagner de signes généraux, comme la fièvre ou l’asthénie, surtout pour les infections chroniques.
- Une infection générale correspond à une invasion par les germes dans le sang : C’est la septicémie. Les signes généraux deviennent dramatiques : fièvre intense avec clochers thermiques, asthénie puis coma, amaigrissement massif. Cette infection peut en plus se compliquer par des métastases infectieuses, ou par une infection du cœur à type d’endocardite.
· Selon l’expression clinique :
- Les infections patentes s’expriment clairement avec des symptômes évidents dont certains sont évocateurs d’infection (fièvre, adénopathies (ganglions)) et dont un signe est pathognomonique : présence de pus soit par écoulement, soit par collection (abcès).
- Les infections latentes correspondent à une situation particulière ou le sujet est porteur de germes pathogènes sans être malade : c’est le porteur sain. Cette situation pose deux problèmes majeurs : risques collectifs de contamination ; risques individuels de passage à l’infection patente.
- Les infections inapparentes correspondent à une situation ou le sujet est vraiment malade, mais les symptômes sont tellement discrets que la maladie passe inaperçue (toxoplasmose, mononucléose). Ainsi, pour affirmer de telles infections, il faut pratiquer un examen sérologique permettant alors une prévention avant une éventuelle grossesse.
De plus, certaines infections sont très souvent associées à un autre processus pathologique : l’inflammation, qui est caractérisée par une douleur, une chaleur, un œdème et une rougeur.
III. LES SIGNES BIOLOGIQUES :
L’infection peut être affirmée cliniquement sur la présence de pus, mais, dans de nombreux cas, la certitude est paraclinique et essentiellement par examen biologique surtout dans le cas d’infections inapparentes :
- examen du sang : la vitesse de sédimentation et le nombre de globules blancs est augmenté (hyper-leucocytose). Cette hyper-leucocytose n’est pas vraie pour toute les infections (SIDA) : leucocytopénie.
- examen bactériologique ils permettent d’affirmer l’infection et d’identifier le germe en cause
- examen parasitologique
- examen sérologique : il est souvent utilisé en complément des 2 précédents et consiste à rechercher la présence d’anticorps révélatrice d’infection.
IV. MYCOGRAMME ET ANTIBIOGRAMME :
Un mycogramme et un antibiogramme sont deux méthodes qui permettent de tester respectivement l’action d’une série d’antifongique ou d’antibiotique sur un germe donné, en vue de déterminer l’antifongique ou l’antibiotique le plus adapté pour le traitement de la maladie provoquée par ce germe.
Ces deux examens permettent d’apporter la certitude d’une infection, mais ils nécessitent pour cela un prélèvement, puis une culture et enfin l’examen en lui-même. Dans le cas de mycose, la culture se fait sur une gélose de Sabouraud ou sur le PCB (Pomme de terre – Carotte – Bile).
Dans les infections banales, cette démarche est évitée, mais devient indispensable dans les infections traînantes. Le prélèvement portera alors sur le liquide ou la sécrétion qui correspond à l’organe atteint. Et, par prudence, on fera en général plusieurs prélèvements pour éviter les erreurs.
L’inconvénient de ces deux méthodes est le temps d’attente entre le prélèvement et les résultats. Ainsi, on va souvent commencer à traiter avant les résultats, par rapport aux signes cliniques et par rapport aux statistiques épidémiologiques sur les germes responsables d’une infection donnée.
Par exemple, le pédicure-podologue pourra commencer un traitement antifongique à large spectre, en attendant les résultats et la confirmation d’une mycose qui peuvent parfois demander un délai de trois à six semaines quand il s’agit d’une atteinte dermatophytique.
V. CONCLUSION :
Le pédicure-podologue aura un rôle à jouer :
- sur le plan préventif en effectuant des soins aseptiques et en évitant toutes effractions cutanées.
- sur le plan curatif : en présence d’une infection ou d’une effraction cutanée au cours du soin, le pédicure-podologue devra :
- prescrire un antiseptique local
- effectuer un suivi médical du patient
- orienter le patient vers un médecin lorsque l’infection devient trop sévère ou dépasse ses compétences ou que le terrain du patient expose à des complications éventuelles.


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