Axes anatomiques et axe mécanique du membre inférieur
I. AXES ANATOMIQUES :
Ce sont des axes des diaphyses osseuses du membre inférieur.
L’axe de la diaphyse fémorale est oblique en bas et en dedans.
L’axe de la diaphyse tibiale est à peu près vertical.
Ainsi, en raison du porte-à-faux du col fémoral, l’axe de la diaphyse fémorale n’est pas situé exactement dans le prolongement de l’axe de la diaphyse tibiale. Ces deux os vont donc former un angle obtus, ouvert en dehors, d’environ 170° : c’est le valgus physiologique.
Cette angulation est variable d’un individu à l’autre, en fonction de sa pathologie.
Une augmentation ou une diminution de cet angle aboutira à un genou pathologique : on parlera alors de genu varum et de genu valgum, qui correspondent à des déformations dans le plan frontal.
Un genu varum correspond à une ouverture de l’angle fémoro-tibial : le genou se trouve déporté vers l’extérieur. Le segment jambier se dirige en dedans. Il existe un espace inter-condylien au niveau du fémur.
Un genu valgum correspond à une fermeture de l’angle fémoro-tibial : le genou se trouve déporté vers l’intérieur. Le segment jambier se dirige en dehors. Il existe un espace inter-malléolaire.
Dans le plan sagittal, le segment jambier et le segment fémoral sont alignés. Mais là encore, il peut exister des anomalies :
Un genu flexum correspond à un genou légèrement fléchi : la ligne de charge passera en arrière de l’axe de flexion-extension.
Un genu recurvatum correspond à un genou en hyper-extension : la ligne de charge passera en avant de l’axe de flexion-extension.
II. AXE MÉCANIQUE :
Il correspond à un axe qui passe par les trois centres articulaire de la hanche, du genou et de la cheville. Il correspond donc à une droite qui relit le centre de la tête fémorale, le centre du plateau tibial (interligne articulaire fémoro-tibiale) et le centre de la poulie du talus. Cette ligne est confondue avec l’axe du squelette de la jambe, mais forme un angle de 6° avec celui du fémur.
Cet axe mécanique est donc toujours en dedans de l’axe anatomique.
III. INTÉRÊT MÉCANIQUE DE CETTE DISPOSITION :
En ce qui concerne l’abduction de la hanche, l’efficacité du petit et du moyen fessier est conditionnée par la longueur du col fémoral.
Supposons, en effet, que la tête fémorale soit posée directement dur la diaphyse, l’amplitude totale de l’abduction en serait considérablement augmentée, mais le bras de levier du moyen fessier serait presque trois fois plus court, ce qui diviserait par trois la puissance de ce muscle. ainsi, se trouve rationnellement expliqué le montage de la tête fémorale en porte-à-faux (le poids du corps appliqué sur la tête fémorale est transmis à la diaphyse fémorale par l’intermédiaire d’un bras de levier, le col fémoral), solution mécanique plus fragile limitant plus rapidement l’abduction, mais renforçant l’action du moyen fessier indispensable pour la stabilité transversale du bassin.
IV. CONCLUSION :
Au niveau du pied, on peut également noter la présence d’un axe mécanique virtuel : l’axe de HENKÉ, autour du quel s’effectuent les mouvements d’éversion (flexion, pronation, abduction) et d’inversion (extension, supination, adduction) de l’articulation subtalaire.