Anatomie et physiologie des muscles de la loge postérieure de jambe (plan profond)
INTRODUCTION :
Ces muscles sont situés en arrière du tibia, de la membrane interosseuse, de la fibula et du septum intermusculaire latéral, et sont recouverts par le fascia superficiel postérieur.
La loge postérieure est séparée en deux plans par le fascia profond.
Le plan profond comprends 4 muscles qui sont : - en haut, le poplité
- en bas, de DD en DH : - le long fléchisseur des orteils
- le tibial postérieur
- le long fléchisseur de l’hallux
ANATOMIE
I. LE MUSCLE POPLITÉ :
1). Situation : - il est situé dans le 1/4 supérieur du plan profond
- il est triangulaire, aplati, et va du condyle latéral du fémur au tibia
2). Origines : - face externe du condyle latéral du fémur, entre la tubérosité et le rebord cartilagineux
- la ligne d’insertion est bordée au-dessus par la ligne capsulaire
3). Trajet : Le tendon est intra-capsulaire et extra-synoviale. Il sort de la coque latérale sous l’anse formée par le ligament poplité arqué. Le corps charnu s’étale et les fibres musculaires sont obliques en bas et en dedans.
4). Terminaison : - face postérieure de la diaphyse du tibia, au-dessus de la crête du soléaire
5). Innervation : nerf tibial (S1)
6). Action : - fléchisseur du genou
- rotateur médial du genou
II. LE MUSCLE LONG FLÉCHISSEUR DES ORTEILS :
1). Situation : - C’est le muscle le plus médial de la loge profonde
- il va du tibia à la face plantaire des quatre derniers orteils
2). Origines : - 1/3 moyen de l’aire médiale de la face postérieure de la diaphyse du tibia
- septum qui le sépare du muscle tibial postérieur
3). Trajet : Les fibres musculaires sont verticales, et forment un corps charnu qui se jette sur un tendon à la partie basse de la jambe. Le tendon glisse dans le sillon rétro-malléolaire tibial. Puis, derrière la malléole, il se coude et devient oblique en bas et en avant. Il glisse sur le bord libre du sustentaculum-tali puis s’engage sous la plante du pied et passe sous le tendon du muscle LFH auquel il est relié par une expansion tendineuse. Il est alors oblique en avant et en dehors et reçoit sur son bord latéral les fibres du muscle carré plantaire. Puis, il se divise en quatre tendons qui suivent les quatre métatarsiens et qui passent dans un orifice ménagé par la bifurcation du tendon du CFO.
4). Terminaison : - phalange distale des 4 derniers orteils
5). Innervation : nerf tibial (S1)
6). Action : - fléchisseur de P3 sur P2 des 4 derniers orteils. Son action est stabilisé par le carré plantaire
- fléchisseur de P2 sur P1 et de P1 sur les métatarsiens
- fléchisseur plantaire des articulations tarso-métatarsiennes
- inverseur du tarse
- fléchisseur plantaire de la talo-crurale
III. LE MUSCLE TIBIAL POSTÉRIEUR :
1). Situation : - C’est le muscle médian de la loge profonde de la région postérieure
- il va des deux os de la jambe aux os du pied
2). Origines : - 2/3 sup.du champ latéral de la face postérieure du tibia, sous la crête du soléaire
- 2/3 sup.du champ médial de la face postérieure de la fibula
- 2/3 sup.de la face postérieure de la membrane interosseuse
- cloison le séparant des muscles longs fléchisseurs
3). Trajet : Les fibres musculaires forment un corps charnu prismatique vertical, se dirigeant vers une lame tendineuse sagittale. Ce muscle a une structure bipennée. La lame se transforme en un tendon oblique en bas et en DD, qui croise la face antérieure du LFO. Il passe dans le sillon rétro-malléolaire médial, ou il est retenu par une gaine fibreuse la plus médiale. Il se coude derrière la malléole et devient oblique en bas et en avant. Il croise le ligament deltoïdien.
4). Terminaison : - par un tendon principal sur l’os naviculaire
- par des expansions sur la face plantaire de tous les os du tarse, sauf du talus, de M1 et M5
5). Innervation : nerf tibial (L5)
6). Action : - inverseur du tarse
- flexion plantaire de la talo-crurale
7). En chaîne fermée : Son rôle est très important dans le soutient de la voûte plantaire. De plus, il assure, avec d’autres muscles, le serrage actif de la pince bimaléollaire en extension. Son rôle est donc de contrôler la stabilité transversale de la talo-crurale.
IV. LE MUSCLE LONG FLÉCHISSEUR DE L’HALLUX :
1). Situation : - C’est le muscle le plus latéral à la jambe, mais le plus médial au pied
- il va de la fibula à l’hallux
2). Origines : - 3/4 inf. du champ latéral de la face postérieure de la fibula, sous le soléaire
- 1/4 inf. de la membrane interosseuse, sous le tibial postérieur
- SIML le séparant des fibulaires
- cloison fibreuse qui le sépare en dedans du tibial postérieur
3). Trajet : Les fibres musculaires descendent presque verticalement et viennent s’implanter obliquement sur les faces d’une lame tendineuse sagittale. Ce muscle est bipenné. La lame se transforme en un tendon oblique en bas et en DD. Le tendon passe en arrière de l’articulation talo-crurale, dans le sillon de la face postérieure du talus. Il se coude alors et devient oblique en bas et en AV. Il passe sous le sustentaculum-tali et passe au dessus du LFO auquel il est relié par une expansion tendineuse. A la plante du pied, le tendon longe le 1er rayon, puis passe entre les faisceaux du CFH, puis entre les os sésamoïdes de l’AMTP1.
4). Terminaison : Sur la face plantaire de la base de la phalange distale de l’hallux
5). Innervation : nerf tibial (L5)
6). Action : - flexion de P2 sur P1 de l’hallux
- inverseur du pied
7). En chaîne fermée : Son rôle est d’éviter l’échappée postérieure du talus lors de la phase digitigrade du pas. En effet, de part son trajet, et de sa contraction lors de cette phase, il a tendance à pousser le talus vers l’avant. De plus, il joue un rôle important dans le maintient de l’arche interne.
PHYSIOLOGIE
- 1er double appui (0 à 15 %) : La contraction du tibial postérieur intervient dès le contact du talon au sol pour stabiliser latéralement le pied. En effet, a l’attaque du talon au sol, le pied est en légère supination. Le tibial postérieur exécute ensuite une contraction dynamique excentrique anti-valgus. On dit qu’il s’agit d’un ligament actif de la cheville.
Le LFO se contracte un peu, en même temps que le soléaire, avant la fin de ce double appui. Alors que le pied est à plat au sol, il commence son action de stabilisateur du genou en freinant le déplacement vers l’avant du segment jambier par rapport à la cheville.
- 1er appui unilatéral (15 à 40 %) : Le pied est à plat au sol, le genou légèrement fléchi et le bassin se déplace vers l’avant. Pendant ce temps de marche, les actions musculaires les plus importantes, sont celles de stabilisation, surtout grâce au muscle soléaire assisté dans la phase entière par le LFO. En effet, le LFO et le LFH ont une contraction isotonique excentrique et permettent donc de stabiliser la jambe sur le pied.
Le tibial postérieur continu son rôle de stabilisateur et se contracte jusqu’à la fin de cette période en maintenant l’équilibre latéral interne du pied. Il s’oppose à l’action des muscles fibulaires.
- 2ème double appui (40 à 60 %) : Lors du décollement du talon du sol, les action musculaires les plus importantes sont celles de stabilisation et de propulsion grâce à la contraction du muscle triceps sural associé aux autres muscles de la loge postérieure (LFO).
Le LFO et le LFH se contractent en même temps que le triceps sural et leurs actions ne peuvent être dissociées. De plus, ils appliquent les orteils au sol et exécutent à la fin du pas portant une contraction isotonique excentrique puisqu’ils se trouvent étirés par la mise en flexion dorsale des orteils du fait du soulèvement du talon. Ils permettent également la propulsion, associé au triceps sural
A partir de 40 % du cycle de marche, c’est à dire au moment du décollement du talon, l’action du muscle tibial postérieur est identique mais celle des fibulaires prédomine, ce qui permet le soulèvement du bord externe du pied.
- phase oscillante (60 à 100 %) : Aucune action puisque c’est la phase de raccourcissement du membre non portant.