La cheville et le pied pendant un cycle de marche (mouvements et actions musculaires)
Le cycle de marche est divisé en 6 phases :
· de 0 à 15 % : il s’agit du 1er double appui qui comporte : - l’appui du talon au sol
- le rabattement du pied
- la verticalisation du segment jambier
- tous les muscles de la loge antérieure se contractent puissamment pour amortir le choc produit par l’application au sol du poids
- ce rôle d’amortissement est joué principalement par le muscle tibial antérieur qui se contracte puissamment en même temps qu’il s’étire : il est donc en contraction isotonique excentrique
- le muscle tibial antérieur est aidé par les muscles extenseurs commun et propre des orteils freinant ainsi le rabattement du pied au sol
- la contraction du muscle tibial postérieur intervient dès le contact du talon au sol pour stabiliser latéralement le pied qui est en légère supination
- le muscle tibial postérieur exécute ensuite une contraction dynamique excentrique anti-valgus
- on dit qu’il agit comme un ligament actif de la cheville
- les muscles soléaire et LFO se contractent un peu avant la fin de ce double appui alors que le pied est à plat sur le sol et commence leurs actions de stabilisation du genou en freinant le déplacement vers l’avant du segment jambier par rapport à la cheville
· de 15 à 40 % :1er appui unilatéral ou, au début, le pied est à plat au sol et le segment jambier vertical
- le déplacement du bassin vers l’avant entraîne une inclinaison vers l’avant du segment jambier qui est freiné par la contraction du muscle soléaire, aidée par les actions du LFH et LFO
- le muscle soléaire effectue une contraction isotonique excentrique : c’est un stabilisateur puissant de la jambe sur le pied
- les muscles gastrocnémiens ne participent peu ou pas à la marche en terrain plat. Ils n’entrent en action que pour donner au corps une impulsion secondaire telle que dans les sauts, la marche en montée et dans la course, constituant en quelque sorte un réservoir de puissance
- le muscle tibial postérieur continu son rôle de stabilisation et se contracte jusqu’à la fin de cette période
- les muscles fibulaires commencent à travailler au environ de 30 % du cycle de marche. Ils sont sollicités par une amorce de translation latérale du bassin qui commence à se déplacer vers son point extrême controlatéral, qui sera atteint aux alentours de 65 % du cycle de marche
- ils exercent une action frénatrice et s’opposent ainsi à l’action du muscle tibial postérieur
- c’est d’abord le muscle long fibulaire qui se contracte, puis le court fibulaire
· de 40 à 50 % : il s’agit toujours du 1er appui unilatéral ou il y a le décollement du talon
- lors du décollement du talon au sol, les orteils restent fermement au contact avec le sol et la cheville reste en position haute alors que le genou se plie au même instant pour éviter une brusque ascension du centre de gravité
- le talon va se soulever grâce à la contraction du muscle triceps sural qui ne réalise pas une véritable extension, mais solidarise le segment jambier avec le pied permettant ainsi au talon de se décoller du fait de la bascule du pied sur les têtes métatarsiennes
- les muscles LFO et LFH se contractent en même temps que le muscle triceps sural et leurs actions ne peuvent être dissociées
- de plus, ils appliquent les orteils au sol et exécutent à la fin du pas portant une contraction isotonique excentrique puisqu’ils se trouvent étirés par la mise en extension des orteils du fait du soulèvement des orteils
- les actions des muscles tibial postérieur et fibulaires sont les mêmes. Par contre, l’action des muscles fibulaires prédomine sur celle du muscle tibial postérieur et permet ainsi le soulèvement du bord externe du pied
· de 50 à 60 % : il s’agit du 2ème double appui
- les muscles triceps sural, LFO et LFH ont une action très importante pour la propulsion. Leurs actions sont identique, c’est à dire qu’il solidarisent le segment jambier avec le pied.
- le muscle triceps sural doit cependant effectuer une contraction isotonique puissante pour effectuer une extension d’environ 15°
- les muscles fibulaires achèvent leurs contractions, soulèvent le bord externe du pied, et s’opposent ainsi à la composante d’inversion du muscle triceps sural
- de plus, du fait de l’insertion du muscle long fibulaire sur la base du 1er métatarsien, ceci contribue à appliquer la tête du 1er métatarsien au sol
- les muscles tibial antérieur, LEO et LEH rentrent en action à la fin de cette période pour préparer l’élévation de la pointe du pied
· de 60 à 75 % : il s’agit de la phase d’oscillation (triple flexion)
- les muscles tibial antérieur, LEO et LEH exécutent une contraction isotonique concentrique à l’inverse de l’action de freinage qu’ils avaient lors du rabattement du pied au sol.
- dans cette phase, leurs actions sont moins intenses que dans la 1ère phase du cycle
· de 75 à 100 % :
- le membre inférieur oscillant passe à grande vitesse
- le bassin est en rotation antérieure maximum du côté ou va se produire l’attaque du talon au sol
- la hanche est fléchie et le genou en extension presque totale