Les facteurs de stabilité de l'articulation du genou en charge
I. INTRODUCTION :
Le genou est l’articulation intermédiaire du membre inférieur qui doit concilier deux impératifs contradictoires : posséder une grande stabilité et une grande mobilité.
L’articulation du genou est constituée de deux articulations : - La fémoro-patellaire de type ginglyme.
- La fémoro-tibiale de type bicondylaire.
L’articulation du genou possède deux degrés de liberté qui lui permettent comme mouvements, principalement la flexion-extension, et accessoirement, la rotation interne et externe (quand le genou est fléchi).
On envisagera pour le genou 3 types de stabilité :
II.
Il s’agira de stabiliser les positions de varus et de valgus du genou.
A. La stabilité passive :
· EN EXTENSION : Tous les ligaments sont tendus. De plus, on peut constater que le ligament collatéral médial et que la coque condylienne interne sont plus épais à cause du valgus physiologique du fémur.
Ø Le genou est donc très stable en extension
· EN FLEXION < 60° : Les ligaments collatéraux sont détendus. Le LLE est plus détendu que le LLI car ses points d’insertion se rapprochent plus. De plus, le LLI a tendance à se vriller en flexion de part sa forme et son trajet. Les coques condyliennes et les ligaments croisés commencent à se détendre.
Ø Le genou est donc très instable en début de flexion et ceci permet des mouvements de latéralité du fait de la détente des 4 ligaments
· EN FLEXION > 60° : Les ligaments collatéraux sont détendus alors que les ligaments croisés sont tendus car ils se vrillent du fait des mouvements de glissement et de roulement.
Ø Le genou est donc relativement stable en fin de flexion
B. La stabilité active :
Les ligaments passifs sont aidés par les muscles qui constituent de véritables ligaments actifs de l’articulation.
En latéral, le ligament collatéral latéral est aidé à lutter contre le varus par le tenseur du fascia lata qui tend la bandelette de Maissiat. Il s’y ajoute aussi le muscle biceps fémoral et le muscle quadriceps par l’intermédiaire des fibres directes du vaste latéral et des fibres croisés du vaste médial.
En médial, le ligament collatéral médial est aidé à lutter contre le valgus par les muscles de la patte d’oie (sartorius, semi-tendineux, gracile) ainsi que par le muscle quadriceps par l’intermédiaire des fibres directes du vastes médial et des fibres croisés du vaste latéral
III.
Il s’agira de stabiliser les positions de flexion et d’extension du genou.
A. La stabilité passive :
· EN EXTENSION : Tous les ligaments ainsi que le plan fibreux postérieur de la capsule sont tendus.
Ø Le genou est donc très stable en extension
· EN FLEXION > 60° : Les ligaments collatéraux sont détendus alors que les ligaments croisés sont tendus car ils se vrillent du fait des mouvements de glissement et de roulement.
Ø Donc, en flexion, la stabilité du genou est assurer par les ligaments croisés qui vont aussi lutter contre les mouvements de tiroir.
B. La stabilité active :
· EN EXTENSION : Le muscle quadriceps est celui qui fait le mouvement : il est contracté. En revanche, les muscles fléchisseur vont contrôler cette position : Ce sont les muscles ischio-jambiers (semi-membraneux, semi-tendineux, biceps fémoral).
· EN FLEXION : Les muscles ischio-jambiers sont ceux qui font le mouvement : ils sont contractés. En revanche, le muscle quadriceps est celui qui contrôlera le plus cette position mais également les tiroirs postérieurs car son insertion est situé en avant de l’axe de flexion-extension. Les mouvements de tiroirs antérieurs sont contrôlés par les muscles ischio-jambiers.
IV.
A. La stabilité passive :
· EN EXTENSION : Elle est envisageable si l’on considère que les épines tibiales sont absentes. Cette stabilité est assurer par les ligaments collatéraux.
Lors de la rotation externe, les ligaments croisés se dévrillent et ont tendance à se verticaliser. Par contre, les ligaments collatéraux s’horizontalisent, se tendent et s’enroulent : ceci va bloquer rapidement la rotation externe
Lors de la rotation interne, les ligaments collatéraux se verticalisent et ne vont donc pas limiter le mouvement. Par contre, les ligaments croisés s’horizontalisent, se vrillent sur eux-mêmes et vont donc rapidement limiter le mouvement de rotation interne
Ø Même sans les épines tibiales, la stabilité rotatoire du genou serait bonne
· EN FLEXION : Les ligaments collatéraux sont détendus et vont donc permettre les rotations. Par contre, les ligaments croisés vont stabiliser les rotations interne et externe.
Lors de la rotation externe, le ligament croisé postéro-médial est très tendu et va donc stabiliser la rotation interne.
Lors de la rotation interne, le ligament croisé antéro-latéral est très tendu et va donc stabiliser la rotation externe.
Ø Le genou est donc très instable en début de flexion mais plus stable si la flexion est supérieure à 60° car les ligaments croisés se tendent.
B. La stabilité active :
En fonction des degrés de flexion du genou, ce ne sont pas les mêmes muscles qui vont agir car il y a changement de bras de levier :
De 0 à 60° : Le quadriceps stabilise la rotation externe
Le TFL stabilise la rotation interne
De 60 à 120 ° : Les muscles de la patte d’oie et le semi-membraneux stabilisent la rotation externe
Le muscle biceps fémoral stabilise la rotation interne
V.
· EN EXTENSION : - Le vaste médial stabilise la rotule car il descend plus bas que le vaste latéral et empêche ainsi la patella de partir en dehors
- L’aileron patellaire médial est plus large et plus épais
- La joue externe de la trochlée fémorale est plus développé
· EN FLEXION : La patella se plaque et descend et il n’y a donc plus la force luxante exercée par la composante du muscle quadriceps.
VI. CONCLUSION :
Le genou fait l’objet de plusieurs pathologies :
- dans le plan sagittal : flexum et recurvatum