Les facteurs de stabilité de l'articulation talo-crurale (cheville) en charge
I. INTRODUCTION :
La talo-crurale est l’articulation qui sert de lien entre le pied et la jambe. C’est une articulation importante qui va supporter tout le poids du corps, surtout en monopodal ou la charge sera maximale. La cheville doit répondre à deux priorités : la stabilité et la mobilité.
Les os en contact sont le tibia, la fibula et le talus. Ce dernier est enchâssé entre les deux os de la jambe, ce qui explique le seul degré de liberté qui permet donc deux mouvements : la flexion et l’extension.
II. STABILITÉ ANTÉRO-POSTÉRIEURE :
Elle s’effectue dans un plan sagittal et permet d’éviter les glissements du talus lors de la marche.
· Lors de l’attaque du pas, correspondant à une flexion dorsale de la talo-crurale, le talus a tendance à être projeté en avant. Pour éviter ceci, il y a plusieurs éléments stabilisateurs :
- stabilisateurs osseux : lors de la flexion, le talus est bloqué par la marge tibiale antérieure. Il s’agit d’un stabilisateur passif.
- stabilisateur ligamentaire : par les faisceaux antérieurs des ligaments latéraux. Leur rôle n’est pas très important par rapport aux muscles.
- stabilisateur musculaire : - les muscles de la loge antérieure (tibial ant., LEO, LEH, 3ème fibulaire) permettent de lutter contre l’avancée du talus
- les muscles qui se réfléchissent dans la gouttière malléolaire en dedans (tibial post., LFO) ou en dehors (long et court fibulaire), ont tendance à ramener le groupe osseux.
· Lors de la propulsion, correspondant à une extension de la talo-crurale, le talus a tendance à reculer sous le poids du corps. Pour éviter ceci, il y a plusieurs éléments stabilisateurs :
- stabilisateurs osseux : lors de l’extension, le talus est bloqué par la marge tibiale postérieure.
- stabilisateur ligamentaire : par les faisceaux postérieurs des ligaments latéraux car ils sont obliques en bas et en arrière.
- stabilisateur musculaire : - le muscle tibial postérieur permet un resserrement actif de la pince tibio-fibulaire afin de maintenir continuellement un contact des SA du talus et de cette pince.
- le muscle long fléchisseur de l’hallux, car il passe entre les deux tubercules postérieurs du talus.
III.
Elle se fait dans un plan horizontal. Il y a plusieurs éléments stabilisateurs :
- stabilisateurs osseux : la pince est plus ouverte en avant (car le talus est plus large en avant) et ceci permet des mouvements d’adduction et d’abduction. Ce qui maintient la mortaise est : le ligament tibio-fibulaire inférieur car il est court et joue un rôle élastique dans le resserrement de la pince et, le muscle tibial postérieur.
- stabilisateur ligamentaire : par les faisceaux antérieurs et postérieurs des ligaments latéraux (car si on tire en même temps, il n’y a pas de mouvement possible).
- stabilisateur musculaire : aucun muscle n’agit directement. Seul le muscle tibial postérieur (mais aussi le triceps sural, le LFH, le LFO, les long et court fibulaire) agit indirectement en permettant un resserrement de la pince tibio-fibulaire.
IV.
Elle permet d’éviter les mouvements de prono-supination responsable d’entorse. cette stabilité est assurer par les stabilisateurs latéraux qui sont très puissant et vont s’opposer aux mouvements qui vont se faire dans l’axe antéro-supérieur. Ceci empêchent les mouvements de varus (le talus vire en dedans) et de valgus (le talus vire en dehors).
La stabilité transversale comprend :
- freins passifs de la pince : le ligament tibio-fibulaire inférieur joue un rôle de sangle élastique qui va appliquer
- freins actifs de la pince : le muscle tibial postérieur mais aussi le triceps sural, le LFH, le LFO, les long et court fibulaire agissent en permettant un resserrement de la pince tibio-fibulaire accompagnée d’une rotation externe et d’un abaissement de la fibula lors du mouvement d’extension de la talo-crurale. Il s’agit donc d’un mouvement actif.
Mais, lors du mouvement de flexion, il se produit un écartement, une montée et une rotation interne de la fibula. Il s’agit d’un mouvement passif.
- freins passifs latéraux :
§ le LLE est un stabilisateur de la subtalaire qui va agir au niveau du talus en empêchant les varus.
- quand le pied est à 90°, c’est le faisceau moyen du LLE, soit le ligament calcanéo-fibulaire
- quand le pied est en extension, c’est le ligament talo-fibulaire antérieur
- quand le pied est en flexion, c’est le ligament talo-fibulaire postérieur
§ le LLI possède également trois faisceaux, mais, grâce à sa conformation, les entorses de ce ligaments sont très rares
Ainsi, au cours de la marche, quelle que soit la position de la subtalaire, on aura un faisceau du LLE et du LLI qui sera mis en tension et qui limiteront respectivement la varisation et la valgisation
- freins actifs latéraux :
- en externe, les tendons des muscles fibulaires vont sangler l’ARP, notamment par le long fibulaire de part son trajet qui passe sous le tubercule fibulaire
- en interne, les tendons des muscles postérieurs vont sangler l’ARP, notamment par le tibial post., le LFO, le LFH