La cicatrisation 1- Généralités
On distingue 2 types de cicatrisations ;
La cicatrisation de 1ere intention qui est le but espéré de toute intervention chirurgicale, (1)
et la cicatrisation de 2nde intention qui est le résultat d'un soins local (pansement) après une plaie (2).
Ces 2 cicatrisations aboutissent à une cicatrice qui aura sa propre évolution ; elle peut être soit linéaire, soit en plage ; elles sont soumises à des loies identiques.
2- Les points communs entre 1&2
La cicatrice, au niveau de l'épiderme, s'effectue par un glissement de cellules, allant à leur rencontre les unes des autres.
Le sous sol doit être correct, soit aucune infection « virulente » ne doit se produire au cours de la cicatrisation. De plus, la distance entre les 2 berges doit être moindre.
Les mitoses se produisent à distance de la zone mobile. Ces divisions forment une couche monocellulaire qui va ensuite s'épaissir.
3- Les points spécifiques à la cicatrisation de 1ere intention :
Elle nécessite un affrontement correct entre les structures des berges dissociées, c'est pourquoi elle exige un excellent parage chirurgical.
La cicatrisation est plus lente qu'au niveau de l'épiderme ; c'est un exsudat fibrineux devenant progressivement du collagène qui va permettre de « coller » les 2 tranches de derme. Ce « ciment » est véhiculé par les vaisseaux sanguins et la graisse locale.
La solidité de la suture dépend :
- de la zone cutanée lésée,
- de la technique de suture employée,
- et des sollicitations mécaniques de la région.
Elles vont être soudés avec le « ciment » venu des vaisseaux et répartis par la graisse locale puisqu'elle ne participe pas à la cicatrisation.
C'est dans cette phase qu'il peut se produire des adhérences profondes entre les aponévroses, les tendons et la graisse locale.
Cette cicatrisation se fait, généralement, entre 7 et 10 jours, en fonction de la localisation de la plaie et de sa profondeur.
Cette cicatrice linéaire va subir des phénomènes inflammatoires dans les semaines qui suivent, avec une poussée évolutive au 20° jour et un maximum inflammatoire au 2°/3° mois.
4- Les points spécifiques à la cicatrisation de 2nde intention :
Beaucoup plus complexe et beaucoup plus longue, elle se produit en général, en présence d'infection.
Le comblement de la perte de substance se fait progressivement à partir du fond de la plaie et des bords.
Cette cicatrisation se déroule simultanément sur 2 plans, derme et épiderme.
La cicatrisation débute par la détersion supurée.
La durée de détersion dépend :
- de la dureté du tissu atteint (tendon, ligament…),
- de la nature de l'infection associée (sachant que l'infection virulent l'a ralentie),
- de la qualité de l'irrigation,
- de l'âge du sujet,
- de sa localisation ;
La détersion est au préalable nécessaire à la cicatrisation, et on doit au maximum la diminuer afin que la cicatrice soit de la meilleure qualité possible.
Cette cicatrisation exige un bourgeon charnu, qui est un arbre vasculaire dense fournissant la substance fondamentale et les fibres de collagènes. On assiste au développement successifs de boucles capillaires ce qui va permettre de remplir ou d'envahir l'espace laissé libre par la chute de tissu nécrosés. Plus la région est richement vascularisée, plus le bourgeon se développe rapidement.
A noter, que l'infection normale accélère également sa pousse, et qu'au contraire la fibro sclérose la ralentie et l'annule en le transformant en quelque chose de dense et d'infertile.
La dernière est l'épidermisation marginale qui a pour effet d'aplatir et de « stériliser » le bourgeon charnu.
Lorsque sa surface a recouvrir est très étendue, on peut noter un brusque arrêt dans la pousse des cellules nécessaires à l'arrivée du contingent suivant.
A noter que lorsque la dernière cellule épidermique se met en place, la cicatrisation est terminée et la Vie de la cicatrice commence. La cicatrice est en plage.
La cicatrice n'est pas une zone morte, et elle continue à évoluer, soit normalement, soit pathologiquement, comme la cicatrice hypertrophique, chéloïde ou la bride cicatricielle.
Etant membre du paramédical, et appartenant à une équipe pluridisciplinaire, le pédicure podologue doit examiner l'aspect du bourgeon charnu à chaque pansement afin que la cicatrice soit de la meilleure qualité possible.