Les grandes voies de la motricité et de la sensibilité
I. GÉNÉRALITÉS :
L’information est captée au niveau d’un récepteur, à type de :
- propriocepteur ou extérocepteur (en fonction de la topographie)
- mécanorécepteur, chémorécepteur, nocicepteur…(en fonction de la nature de la stimulation)
Ce récepteur va coder et traduire l’information (rôle de transduction) sous forme d’un signal électrique qui va être acheminé vers les centres nerveux par les voies afférentes sensitives.
Le message est alors analysé, intégré et traduit en une réponse (rôle d’intégrateur) qui est envoyé au muscle effecteur par les voies efférentes motrices.
II. LES GRANDES VOIES DE LA MOTRICITÉ :
La motricité est composée de deux grandes voies :
A. La voie pyramidale :
C’est la voie motrice principale, et elle concerne la motricité volontaire.
Elle est directe des centres corticaux (aires motrice et prémotrice) jusqu’à la moelle épinière. Ces fibres établissent des connexions monosynaptiques avec des motoneurones a de la moelle épinière jusqu’au muscle.
Cette voie pyramidale est rapide, coûteuse en énergie à cause des synapses, mais ne permet pas la modification du message, même s’il y a une erreur dans le programme.
La voie pyramidale est constituée de trois faisceaux :
- Le faisceau géniculé s’adresse aux nerfs crâniens. Il croise la ligne médiane dans la partie haute du tronc cérébral.
- Le faisceau pyramidal croisé concerne 80 % des fibres. Il croise la ligne médiane dans la partie basse du bulbe rachidien
- Le faisceau pyramidal direct concerne 20 % des fibres. Il croise la ligne médiane dans la moelle épinière.
B. La voie extra-pyramidale :
Elle est également issue des centres corticaux, mais elle passe par les centres sous-corticaux avant de rejoindre la moelle épinière. C’est une motricité involontaire. C’est une voie lente, pas coûteuse et qui permet une modification du programme au niveau des relais. Cette voie permet ainsi un rétrocontrôle ou feed-back grâce aux différents relais.
La voie extra-pyramidale est constituée de trois principaux faisceaux :
- Le faisceau rubro-spinal provient des noyaux rouges. Il est lié au faisceau pyramidal croisé
- Le faisceau vestibulo-spinal provient des noyaux vestibulaires. Il est lié au pyramidal direct.
- Le faisceau réticulo-spinal provient de la zone réticulé.
La voie pyramidale contrôle la motricité fine des extrémités.
La voie extra-pyramidale contrôle les mouvements d’ensemble : posture, attitude, équilibre.
III. LES GRANDES VOIES DE LA SENSIBILITÉ :
On distinguera deux sensibilité :
- la sensibilité extéroceptive ou superficielle
- la sensibilité proprioceptive ou profonde
A. La sensibilité extéroceptive :
Elle vient des téguments et des muqueuses et assure la perception des sensations tactiles, thermiques et nociceptives.
On distingue deux voies afférentes :
1). La voie lemniscale :
Elle correspond aux faisceaux bulbo-thalamiques de Goll et Burdach. Cette voie est formée surtout de grosses fibres à conduction rapide et occupe les cordons postérieurs de la moelle. Elle concerne le tact fin et donc les récepteurs de MEISSNER (fibre II). Les faisceaux croisent la ligne médiane au niveau du bulbe, après une synapse dans les deux noyaux gris (G & B).Puis, dans le tronc cérébral, ils forment le faisceau appelé lemnisque médian qui se rend après le passage dans le ruban de Reil au thalamus ou s’établit un deuxième relais. Les fibres issues du thalamus gagnent alors les divers territoires corticaux.
2). La voie extra-lemniscale :
Elle correspond au faisceau spino-thalamique du croissant de Déjeurine. Cette voie est formée surtout de petites fibres à conduction lente et présente un premier relais dans les cornes postérieures de la moelle. Les fibres passent alors du côté opposé et se regroupent dans le cordon latéral en formant le faisceau spino-thalamique au niveau du croissant de Déjeurine. Elle concerne le tact grossier, les messages thermiques et douloureux. Les récepteurs sont donc :
- corpuscule de RUFINI pour le chaud (fibre III) situé dans le derme
- corpuscule de VON KRAUSE pour le froid (fibre III) situé dans le derme
- récepteur de PACINI pour le tact grossier (fibre III) situé dans l’hypoderme
- les nocicepteurs (terminaisons libres de la douleur) situé dans l’épiderme
La voie extra-lemniscale, comme la voie lemniscale, est croisé : la première dans la moelle, la seconde dans le bulbe.
B. La sensibilité proprioceptive :
Elle achemine les informations captées au niveau des récepteurs proprioceptifs des articulations, des tendons, des ligaments, des muscles et assure la perception des sensation posturales.
1). La proprioception consciente :
Elle concerne la sensibilité articulaire (fibre II). Elle empreinte les mêmes voies que la sensibilité extéroceptive fine, c’est à dire la voie lemniscale bulbo-thalamique. Et, elle projette donc au niveau de la pariétale ascendante controlatérale.
2). La proprioception inconsciente :
Elle concerne la sensibilité musculo-tendineuse (fibres Ia et Ib). Les fibres projettent au cervelet homolatéral.
Pour le membre supérieur, c’est le faisceau spino-cérébelleux croisé de GOWERS. Les fibres se regroupent dans la zone proprioceptive du cordon latéral de l’hémi-moelle opposée, montent au pédoncule cérébelleux supérieur et recroisent la ligne médiane pour se projeter au niveau de l’hémi-cervelet du même coté.
Pour le membre inférieur et le tronc, c’est le faisceau spino-cérébelleux direct de FLECHSIG. Les fibres se regroupent dans la zone proprioceptive du cordon latéral de l’hémi-moelle homolatérale, montent et projettent au niveau de l’hémi-cervelet du même coté.
On constate donc une homolatéralité des projections cérébelleuses. Ces faisceaux spino-cérébelleux ont pour rôle d’informer le cervelet de l’état de tension du muscle qui permettra l’information des centres corticaux qui pourront ainsi adapter leur réponse motrice.
IV. CONCLUSION :
D’une façon générale, les voies motrices sont croisées, et par conséquent, la moitié droite du cerveau commande la moitié gauche du corps. Le système nerveux est victime de tous les grands processus pathologiques : traumatique, vasculaire, tumoral, infectieux.