Pied plat de l'enfant
I. INTRODUCTION :
Le pied plat peut être définit comme étant une diminution de l’arche interne du pied, confirmée radiologiquement par une augmentation de l’angle de Djian-Annonier.
Le pied plat est le plus souvent une pathologie primitive, elle peut être d’origine héréditaire.
Le diagnostic ne peut être posé qu’après l’âge de la marche car il apparaît sous l’influence des contraintes de mise en charge.
En pratique, on parle de pied plat chez l’enfant vers 3 ans.
Cette pathologie associe souvent deux facteurs :
- une faiblesse musculaire
- une hyper-laxité ligamentaire
Afin de bien traiter le pied plat de l’enfant, il est nécessaire d’effectuer un examen rigoureux afin d’en trouver les étiologies, sachant que la nature du pied plat de l’enfant en dépend.
On distingue 4 catégories de pied plat :
- le pied plat hypotonique, très souple, souvent réductible et du à une insuffisance musculaire
- le pied plat valgus, plus sévère et pas toujours réductible
- le pied plat synostosique, douloureux
- le pied plat secondaire
II. LE PIED PLAT HYPOTONIQUE :
Il se définit par une diminution de l’arche interne morphologique avec éventuellement un bouleversement des repères radiographiques de l’arrière pied et du médio-tarse.
En effet, soit le pied peut s’affaisser tout en demeurant bien aligné dans le plan sagittal, on aura alors un pied plat direct, soit le pied chute en dedans, et on aura alors un pied plat valgus hypotonique associé à un valgus calcanéen réductible.
Dans tous les cas, le pied est souple, non douloureux, dépourvu de griffe et où les déformations sont réductibles. Ce pied plat hypotonique s’est adapté aux pressions sus-jacentes, c’est à dire que le pied a une architecture normale en décharge.
Les signes cliniques sont : - marche les pieds en dedans
- diminution de l’arche interne
- valgus calcanéen réductible s’il existe
- mobilité articulaire normal
- la tige de la chaussure est avachit en interne
- angle de Fick fermé : étude du segment jambier et des rotations de hanche
- augmentation de la bande externe sur le podoscope
Le traitement dépendra du test de Jack qui consiste à pratiquer en charge une extension de l’hallux : si ce test est positif, on doit obtenir un creusement de l’arche interne. Après cet examen passif on effectuera un test actif en demandant au patient de se mettre sur la pointe des pieds : on doit également obtenir un creusement de l’arche interne.
Dans le cas ou ces tests sont positifs, on effectuera une semelle de stimulation comportant un antéro et sous capital de la première tête métatarsienne allant jusqu’au bout de la semelle, un élément sous styloïdo-cuboïdien, un coin supinateur postérieur.
Dans le cas ou ces tests sont négatifs, on effectuera une semelle de calage avec un antéro et sous capital de M1 et une hémicoupole interne.
Un conseil de chaussant est également primordial : chaussure en cuir, laçage, contrefort rigide et montant, éviter les baskets, talon stable…
III. LE PIED PLAT VALGUS :
Il est beaucoup plus marqué et plus rare. Il associe une hyper-laxité ligamentaire, un valgus calcanéen et un valgus médio-tarsien.
Les signes cliniques sont :
- marche les pieds en dedans avec les genoux qui se touchent provoquant des chutes
- avant-pied en abduction, perte d’alignement du 1er rayon et du médio-arrière-pied, avec une horizontalisation du 1er rayon
- hyper-laxité ligamentaire
- valgus calcanéen partiellement réductible
- recherche d’un trouble rotatoire : antéversion fémorale, RI de hanche augmentée, Fick fermé…
- frontalisation des malléoles due soit à une absence de torsion tibiale externe (trouble rotationnel), soit, le plus souvent, au valgus, par bascule du talus en avant, en bas et en dedans
- disparition de la bande externe
- saillie interne au niveau du médio-pied traduisant une augmentation de la divergence talo-calcanéenne avec chute du talus en bas et en dedans
- hypoextensibilité du muscle triceps sural
Le traitement dépendra également du test de Jack avec réalisation de semelles de stimulation ou de calage, selon le résultat de ce test. On pourra y associer de la kinésithérapie pour essayer de rééquilibrer les muscles intrinsèques du pied. L’enfant pourra lui-même stimuler son système musculaire en effectuant des petits jeux : ramasser des crayons au sol avec les orteils, marcher sur la pointe des pieds, marcher dans le sable…
IV. LE PIED PLAT SYNOSTOSIQUE :
Les synostoses sont des ponts osseux pathologiques. Chez les enfants, ce sont encore des ponts fibreux appelés syndesmoses.
C’est une anomalie le plus souvent congénitale qui correspond à l’union de deux os du tarse. Les deux synostoses les plus fréquentes sont :
- la synostose talo-calcanéenne totale ou partielle
- la synostose calcanéo-naviculaire
D’autres synostoses beaucoup plus rares peuvent exister, comme les synostoses calcanéo-cuboïdienne, talo-naviculaire et naviculo-cuboïdienne.
Les signes cliniques sont :
- douleur mécanique, vers la puberté, en avant et en arrière de la synostose
- difficulté à marcher sur terrains accidentés car la subtalaire ne peut plus s’adapter
- marche les pieds en dedans avec les genoux qui se touchent provoquant des chutes
- perte de la mobilité au niveau de la subtalaire (mouvement de prono-supination)
- pied plat raide et contracturé
- entorses à répétition
- orthèses plantaires n’ayant jamais soulagés la douleur
Le diagnostic radiologique n’est possible que vers l’âge de 10 - 12 ans. Mais un autre examen est possible plus précocement : le scanner.
Les traitements possibles sont les orthèses plantaires à but antalgique, qui apporteront un confort et un calage ; les immobilisations plâtrées pendant 1 mois ; la chirurgie, soit par arthrodèse, soit par résection isolée de la synostose.
V. LES PIEDS PLATS SECONDAIRES :
- neurologique : spina-bifida, hémiplégie…
- paralytique : paralysie flasque des muscles intrinsèques et extrinsèques du pied
- traumatique : fracture du calcanéus
VI. CONCLUSION :