Valgus du médio arrière pied
I. INTRODUCTION :
C’est une pronation de l’arrière-pied et du médio-pied. L’avant-pied reste d’aplomb. On peut parler d’éversion du médio-pied et de l’arrière pied.
On observe donc : - un valgus calcanéen siégeant au niveau de l’articulation subtalaire
- un valgus médio-tarsien siégeant au niveau de l’articulation de Chopart interne
Ces deux articulations étant anatomiquement et biomécaniquement liées, ces deux valgus vont de paires, mais l’origine peut siéger soit au niveau de l’arrière-pied, soit au niveau du médio-pied.
II. ÉTIOLOGIES :
- insuffisance d’appui du 1er rayon pouvant être due, soit à une brièveté, soit à une hypermobilité du 1er métatarsien
- une hyper-laxité ligamentaire des ligaments garants de l’arche interne : ligament glénoïdien, ligament de Chopart, aponévrose plantaire
- une faiblesse musculaire, une rupture ou une paralysie des muscles garants de l’arche interne : muscles tibial postérieur, abducteur de l’hallux, long fibulaire, LFO et LFH
- une hypoextensibilité du muscle triceps sural qui induit une éversion du médio-pied et de l’arrière-pied afin d’augmenter l’amplitude de la flexion dorsale de la talo-crurale
- anomalie rotationnelle : déficit de torsion tibiale externe, antéversion fémorale, rotation interne trop importante du segment jambier…
- une surcharge pondérale
- un genou valgum bilatéral
- des séquelles traumatiques de fracture du calcanéus ou du talus entraînant un valgus de l’arrière-pied
- une hypotonie générale
- une affection rhumatismale
- une atteinte neurologique paralytique
III. TABLEAU CLINIQUE :
· Description du pied en charge :
- valgus calcanéen primitif ou adaptatif : il se couche sur son flanc interne et entraîne le talus, qui plonge en bas et en dedans
- saillie médio-tarsienne interne : 3ème malléole de Destot correspondant à la tête du talus
- plis tégumentaires en dessous de la malléole externe
- bord interne du pied convexe à sommet naviculaire
- hauteur de l’arche interne diminuée (PN, hauteur sous tégumentaire et angle méta/sol diminués)
- bord externe du pied concave : coup de hache
· Empreintes podoscopiques :
- disparition plus ou moins complète de l’isthme externe par l’externe à cause de la bascule interne
- empreintes talonnières rectangulaires, à grand axe oblique en AV et en DD
- hyper-appui en latéral interne au niveau du talon et de la 1ère tête métatarsienne
- hypo-appui de la 5ème tête métatarsienne
- appui unipodal instable avec décollement de la 1ère tête métatarsienne
· Conséquences :
- douleur au niveau du ligament glénoïdien ou du tibial postérieur (tendinopathie) : surcharge de l’arche interne
- myo-aponévrosite plantaire
- conflit douloureux entre le bord interne du pied et la tige de la chaussure
- douleur en dessous de la malléole externe, due au pincement tégumentaire
- hyperkératoses douloureuses retrouvées sur le bord latéral interne de la 1ère tête métatarsienne et du gros orteil, sous les têtes métatarsiennes moyennes, et des callosités talonnières en latéral interne
- métatarsalgies moyennes
- instabilité à la marche avec entorses fréquentes
- formation d’hallux valgus
· Description de la marche :
- poussée valgisante importante lors de la phase plantigrade du pas
- hypo-appui dynamique de la 1ère tête avec report de charge sur les têtes moyennes
- instabilité
· Le chaussant :
- usure de la tige en interne : chaussure avachie
· Examens complémentaires :
- ils sont en général inutiles, mais une radio de profil montrera un angle de Djian-Annonier augmenté
IV. TRAITEMENTS :
Il faudra tout d’abord évaluer la réductibilité du valgus. Celle ci sera constatée manuellement et à l’aide de cales qui peuvent permettre également de mettre en évidence le facteur causal.
Le traitement dépendra du test de Jack qui consiste à pratiquer en charge une extension de l’hallux : si ce test est positif, on doit obtenir un creusement de l’arche interne. Après cet examen passif on effectuera un test actif en demandant au patient de se mettre sur la pointe des pieds : on doit également obtenir un creusement de l’arche interne.
Dans le cas ou ces tests sont positifs, on effectuera une semelle de stimulation comportant un antéro et sous capital de la première tête métatarsienne allant jusqu’au bout de la semelle, un élément sous styloïdo-cuboïdien, un coin supinateur postérieur.
Dans le cas ou ces tests sont négatifs, on effectuera une semelle de calage avec un antéro et sous capital de M1 et une hémicoupole interne, ou mieux, des semelles thermoformées pour une meilleure répartition des charges.