Hallux valgus : traitements
I. DEFINITION :
L’hallux valgus correspond à une déformation du gros orteil et du premier métatarsien. Un HV associe trois déformations qui sont, par rapport à l’axe du corps :
- un hallux abductus si M1P1 >10°
- un métatarsus varus si M1M2 >10°
- une rotation interne du gros orteil (pas toujours présente)
Ces trois déformations n’évoluent pas forcément en même temps. De plus, on trouve une exostose, qui peut être très douloureuse, sur le bord médial de la première tète métatarsienne.
L’hallux valgus a de nombreux retentissements sur le pied comme des douleurs osseuses, capsulo-ligamentaires, musculaires, de l’hyperkératose et des ongles en plicature.
II. TRAITEMENTS :
Les traitements seront en fonction du cas clinique. Les différents critères de choix thérapeutiques seront en fonction : - des composants de la déformation
- de la réductibilité
- de la douleur
- de la gêne fonctionnelle
- de la gêne esthétique de la pathologie
1) Le traitement pédicural :
Le soin présente un rôle important car il permet d’apporter :
- une hygiène au pied
- un suivi de l’évolution des déformations
- un soin des hyperkératoses consécutives aux conflits avec le chaussant
Ce soin permet parfois un soulagement suffisant dans les formes peu évoluées.
2) les traitements orthétiques :
Plusieurs moyens orthétiques peuvent être employés : les contentions nocturnes, les orthoplasties et les orthèses plantaires.
a) Les contentions nocturnes :
Ce sont des appareillages de posture de l’AMTP1 qui peuvent plus ou moins corriger la déformation en fonction du degré de réductibilité. Ces contentions sont indiquées quand l’HV est douloureux à caractère nocturne (douleurs capsulo-ligamentaires).
En fait, on ne traite pas la cause, ce sont plutôt des appareillages antalgiques qui auront pour but de limiter la déformation aggravante en empêchant les rétractions capsulo-ligamentaires.
Il existe deux grands types de contentions :
- Le prêt-à-porter, vendu en pharmacie (non adapté à la déformation).
- Le sur-mesure, fait en matériaux thermoplastiques ou en polysar.
b) Les contentions diurnes ou orthoplasties :
Ce sont des contentions mécaniques qui tiennent compte de la réductibilité de la déformation et du chaussant. On peut utiliser deux types d’orthoplasties :
- Les orthoplasties correctrices : correction de l’hallux-abductus avec un écarteur qui va diminuer les contraintes de l’AMTP1 en réaxant les tendons péri-articulaires et, diminuer le processus évolutif de la pathologie.
- Les orthoplasties protectrices : - protection de l’exostose
- protection des lésions liées aux déformations indirectes à type de griffes d’orteil, de supra ou infra-ductus.
c) Les orthèses unguéales :
Elles traitent les dysmorphies unguéales au niveau du GO qui sont une des conséquences de l’HV, principalement de la rotation interne. On utilisera des agrafes classiques en fil dentaire métallique ou mieux, des fils de titane.
d) Les orthèses plantaires :
Elles ont plusieurs objectifs : - soulager les douleurs
- diminuer l’évolution de la pathologie
- traiter les troubles statiques associés
L’élément de base est l’antéro et sous capital du 1er métatarsien qui aura deux rôles :
- anticiper la réaction du sol pour que le système musculaire se mette en action plus tôt et donc, pour pouvoir maintenir l’angle méta/sol en redonnant un appui au pilier antéro-interne
- éviter un hyper-appui sous M2
A cet élément on peut associer :
- une voûte élective en cas d’hyper-mobilité de M1
- une hémicoupole en cas d’horizontalisation de M1, ou de valgus médio-tarsien
- un Appui-Rétro-Capital : pour décharger les têtes métatarsiennes moyennes
L’idéal, suivant la place dans le chaussant, est de pouvoir associer l’orthèse plantaire à des orthoplasties pour une meilleure efficacité.
3) Le traitement chirurgical :
C’est le seul traitement curatif de l’hallux valgus. Il trouve son indication dans les formes sévères d’HV, engendrant un handicap fonctionnel important. Il existe différents types d’interventions :
- KELLER : exostosectomie + résection de la base de la 1ère phalange afin de pouvoir réaxer le LFH et le LEH. (chirurgie de désencombrement).
- MAC BRIDE : exostosectomie + retente du système capsulo-ligamentaire interne + transplantation du faisceau transverse de l’adducteur de l’hallux à la face externe du métatarsien pour réduire le métatarsus varus activement. (deux cicatrices).
- SCARF : exostosectomie + on coupe le métatarsien dans le sens de la longueur, puis on l’allonge en le réaxant correctement en le remettant sur ses deux sesamoïdes. (actuellement la plus fréquente).
- TRAD : appelée également opération plane-oblique : identique à SCARF, mais on traite en même temps les rotations associées.
III. CONCLUSION :
On peut également dire qu’il existe un traitement préventif qui consisterait à un dépistage et à un traitement précoce et efficace de la crosse latérale de l’hallux chez l’enfant.
Associé aux traitements de notre compétence, notre rôle sera aussi de donner des conseils de chaussant afin de limiter l’évolution des déformations, de permettre l’adaptation de l’appareillage, de diminuer les conflits et d’éviter l’apparition de complication type bursite. On préférera un chaussant à empeigne haute et large, sans couture périphérique et avec un cuir souple.