Diagnostic des talalgies plantaires postérieures
I. INTRODUCTION :
On regroupe sous le nom de talalgie toute douleur du talon quelle soit de siège plantaire, postérieur, latéral ou en couronne.
Le talon est constitué à la fois du calcanéus et de toutes les parties molles qui l’entourent. Les causes de ces talalgies sont donc très nombreuses : cutanée, osseuse, neurologique, aponévrotique, tendineuse…
II. DIAGNOSTIC POSITIF :
Après avoir été orienté par l’interrogatoire du patient vers une talalgie, il faut la confirmer. Le diagnostic clinique se fera essentiellement par la recherche d’une douleur provoquée dans la zone talonnière afin de déterminer le type de douleur qu’elle déclenche et la localisation précise de cette douleur.
On distingue ainsi les talalgies plantaires, les talalgies postérieures et les talalgies mixtes.
III. DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL :
Il faut éliminer en premier lieu les pathologies vasculaires, soit artérielles, soit veineuses, comme :
- La phlébite en phase de constitution
- L’artérite ou artériopathie oblitérante des membres inférieurs
- Une insuffisance veino-lymphatique au stade des troubles trophiques
Il faut ensuite éliminer les pathologies neurologiques telles que :
- Une sciatique de S1
- Une compression du nerf tibial postérieur, et plus particulièrement de sa branche calcanéenne : syndrome du canal calcanéen. Le MC est : fourmillement, paresthésie, anesthésie. La mise en évidence se fera par la percussion qui va provoquer une douleur fulgurante
- Une algoneurodystrophie
- Une polynévrite, où une multinévrite
Il faut également éliminer les pathologies portant sur les muscles comme les pathologies musculaires de surmenage et les troubles métaboliques (hypocalcémie).
IV. DIAGNOSTIC ÉTIOLOGIQUE :
§ Les talalgies inflammatoires :
Elles sont nombreuses et on peut évoquer :
- une pelvispondylite rhumatismale (PSR)
- le syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter
- le rhumatisme psoriasique dans sa forme axiale avec formation d’une épine calcanéenne courte et épaisse
- la polyarthrite rhumatoïde peut être responsable de talalgie à un stade évolué et est alors due soit à la bursite rétro-calcanéenne, soit à une téno-synovite locale
- parfois il s’agit d’une tendinite ou d’une téno-synovite de la goutte et plus souvent des mêmes atteintes d’une chondrocalcinose articulaire (CCA)
§ Les talalgies mécaniques :
Les étiologies sont très nombreuses et on peut résonner sur les différents éléments anatomiques, mais également sur la localisation globale de la talalgie :
- talalgie plantaire
- talalgie postérieure
Certaines talalgies sont diffuses, c’est à dire qu’elles sont à la fois plantaires et postérieures.
Les étiologies selon les éléments anatomiques sont les suivants :
- au niveau cutané : hyperkératose, verrue plantaire, raghade, crevasse, phlyctène…
- au niveau des parties molles :
· pour les talalgies postérieures : les tendinopathies d’Achille avec les tendinopathies d’insertion, les tendinopathies du corps ou du tendon, les ruptures tendineuses. Il peut également s’agir de pathologie bursale.
· pour les talalgies plantaires : myo-aponévrosite ou tendinopathie du voisinage. Il peut s’agir aussi de pathologies rétractiles de l’aponévrose comme la maladie de Ledderhose et les séquelles d’algoneurodystrophie.
· pour les talalgies globales : ce sont souvent des troubles statiques soit de l’AVP, soit de l’ARP qui mettent en tension tout le système Achiléo-aponévrotique. Souvent, une seule des deux douleurs est perçue spontanément, mais on retrouve une douleur provoquée sur une autre localisation.
- au niveau osseux : ce sont surtout les fractures traumatiques, les fractures de fatigue, les ostéonécroses, les ostéodystrophies de croissance comme la maladie de Sever qui est mise en évidence par le pincement latéral du calcanéus, les algodystrophies localisées au calcanéus, les tumeurs osseuses bénignes, surtout l’ostéome ostéoïde.
V. TRAITEMENTS :
Cette talalgie une fois affirmée pourra toujours bénéficier d’un traitement symptomatique. Si on découvre une étiologie, on pourra pratiquer un traitement étiologique. En général, le traitement sera double, à la fois étiologique et symptomatique.
Si l’étiologie reste mystérieuse ou douteuse, il faudra orienter vers d’autres thérapeutes.
La majorité des talalgies nécessite un traitement :
- repos
- traitement médical à base d’anti-inflammatoire et d’infiltrations locales