Hypoextensibilité du triceps sural (achille court)
I. INTRODUCTION :
Sous le terme "d’Achille court", on regroupe tous les défauts de flexion dorsale de l’articulation talo-crurale. Les causes et les conséquences d’une hypoextensibilité du triceps sural sont donc très variées.
Physiologiquement, la flexion de l’articulation talo-crurale est de 20° genou tendu et de 30° genou fléchi. Il faut préciser que lors de la marche, nous avons besoin de 15° de flexion pour pouvoir passer le pas.
Le muscle triceps sural est un muscle superficiel de la loge postérieure de la jambe. Il est constitué de trois chefs : - deux chefs bi-articulaires : les gastrocnémiens
- un chef mono-articulaire : le soléaire
II. ÉTIOLOGIES :
- pied bot varus équin, responsable d’une rétraction du triceps sural
- pied creux postérieur avec verticalisation du calcanéus qui met le triceps sural en course longue
- croissance osseuse plus rapide que la croissance musculaire
- pour les femmes, port permanent de talons hauts qui place le triceps sural en position courte et qui va entraîner sur un terrain prédisposé sa rétraction
- antécédents neurologiques (hémiplégie, maladie de Parkinson, poliomyélite)
- séquelle de fracture : cal hypertrophique, algoneurodystrophie
- hypoextensibilité du triceps sural idiopathique (manque d’élasticité)
III. CONSÉQUENCES :
- pathologies en rapport direct avec "l’Achille court" :
- difficulté, voire impossibilité, pour le patient de marcher pieds nus, ou avec chaussures à talon plat
- phase taligrade importante à la marche
- difficulté pour s’accroupir sans soulever les talons
- sensation d’instabilité de cheville
- fatigabilité musculaire se traduisant par des crampes dans le mollet
- tendinopathies d’Achille au niveau de son insertion ou de son corps, pouvant se compliquer par des ruptures
- maladie de Sever
- maladie de Haglund
- sollicitation de l’articulation subtalaire en éversion pour pallier l’insuffisance de flexion de la talo-crurale. Ceci entraîne une sollicitation excessive des muscles tibial postérieur et LFH
- l’hyper-sollicitation du muscle tibial postérieur peut se compliquer d’une tendinite d’insertion, d’une hypotrophie du processus naviculaire
- l’hyper-sollicitation du muscle LFH entraîne un hyper-appui de la tête du 1er métatarsien, pouvant entraîner des sésamoïdopathies (sésamoïdite, maladie de Rénander), un hallux valgus, un hallux rigidus
- chute du médio-tarse avec :
- horizontalisation du 1er métatarsien et chute du médio-tarse accompagné d’un valgus de l’arrière-pied et du médio-pied, d’importance variable, suivant l’existence d’une hyper-laxité ligamentaire et d’une faiblesse musculaire
- métatarsalgies moyennes avec hyperkératose
- fracture de fatigue du 2ème métatarsien
- maladie de Morton
- bursite de Serre et Simon
IV. TRAITEMENTS :
· Traitements podologiques :
Surélévation de l’arrière-pied, soit par des orthèses plantaires comportant une talonnette, soit par des chaussures ayant des talons un peu plus hauts (3 à 4 cm). Ceci aura pour but de mettre en détente le muscle triceps sural en rapprochant ses points d’insertion.
Des soins pédicuraux sont préconisés dans le traitement des métatarsalgies.
Chez l’enfant, en cas de valgus médio-tarsien secondaire, on pourra faire des orthèses plantaires de stimulation, si le test de jack est positif.
· Traitements de kinésithérapie :