Ruptures du tendon d'achille
I. DÉFINITION :
C’est une atteinte mécanique du tendon d’Achille qui se fait généralement quelques centimètres (3 ou 4) au-dessus de son insertion calcanéenne, à l’endroit qui présente un rétrécissement responsable d’une zone de fragilité. Cette solution de continuité apparaît au cours et sous l’influence de la contraction du triceps sural.
II. ÉTIOLOGIES :
- traumatisme : - traction brutale du TS (type départ de course chez les sportifs, tennis, basket, foot, athlétisme)
- irritation du TS par le contrefort de la chaussure
- dégénérative : le tendon peut-être fragilisé par :
- vieillissement = lésion type arthrosique
- pathologie métabolique = goutte
- pathologie inflammatoire = PR
- surentraînement chez le sportif
- atteintes mécaniques chroniques du tendon d’Achille avec :
- formation nodulaire dans le tendon
- zone fissuraire
- il existe des facteurs favorisants : - sénilité,
- alcoolisme,
- artériosclérose,
- troubles statiques : - pied creux avec verticalisation du calcaneus.
- hypertrophie postéro-supérieure du calcaneus (maladie de Haglund) entraînant une compression du TS.
- TS court (hypoextensibilité du TS).
III. ANATOMIE :
La rupture est presque toujours totale mais deux éléments sont respectés : la gaine et le muscle plantaire grêle.
La rupture n’est jamais franche, le tendon présente un aspect effiloché.
IV. TABLEAU CLINIQUE :
- L’aspect habituel est la survenue lors d’un traumatisme violent :
- d’un claquement ressenti par le patient et même parfois audible à distance
- d’une chute immédiate
- Il existe deux signes fonctionnels :
- la douleur : elle est brutale à la face postérieure de la jambe mais transitoire
- l’impotence fonctionnelle : elle est discrète car le sujet est capable de marcher en traînant les pieds dès que la douleur a cessé
- L’examen fait le diagnostic sur 4 signes :
- 1. L’appui unipodal, sur la pointe du pied atteint n’est pas possible
- 2. Augmentation de la flexion (dorsale) passive du pied par rapport au côté opposé
- 3. En décubitus ventral, pied dépassant de la table d’examen, le pied reste à angle droit alors que du côté sain existe l’équin spontané
- 4. Signe de Thompson : En décubitus ventral, la pression des masses musculaires du mollet ne s’accompagne pas d’une extension
V. EXAMENS PARACLINIQUES :
Ils ne sont pas d’un grand intérêt car le diagnostic est clinique, mais :
- la radiographie simple permet de suspecter la rupture sur une opacité de la région en raison de l’œdème ou de l’hémorragie locale
- l’échographie permet d’apprécier la structure du tendon en montrant une éventuelle solution de continuité
VI. TRAITEMENTS :
- Préventif : - entraînement adapté
- chaussant adapté
- pour les sportifs et les personnes âgées : talonnettes en cas d’Achille court
- Curatif :
- traitement orthopédique : plâtre avec pied en équin prononcé, pour rapprocher les berges du tendon, pendant 3 semaines. Puis, équin moins marqué pendant 3 semaines. Puis, talonnettes de 2 cm pendant 15 jours à 3 semaines. Puis, le sujet peut marcher, mais devra éviter la marche sur la pointe des pieds et la course pendant au moins six mois.
- traitement chirurgical : suture, en mettant le pied en équin avec des fils résorbables, ou alors avec le muscle plantaire grêle suivie d’un plâtre (3 semaines), puis talonnettes (3 semaines). (On évite ce traitement chez les personnes âgées car il y a un risque d’infection puis de nécrose du tendon).
- traitement médical : médicament à type d’antalgique.
VII. CONCLUSION :
Le pédicure-podologue jouera un rôle important dans le diagnostic lésionnel. Il s’occupera de traiter préventivement l’hypoextensibilité du triceps sural mais également en post-traumatique dans la réalisation d’orthèses plantaires.