Rupture de l'aponévrose plantaire
I. GÉNÉRALITÉS :
C’est une solution de continuité de l’aponévrose plantaire.
C’est une pathologie rare qui survient surtout en traumatologie du sport, lors de sports nécessitant des impulsions ou des sauts, tel que l’athlétisme, la gymnastique ou la danse.
L’aponévrose plantaire superficielle comprend trois parties : l’externe, l’interne et la moyenne.
Elle s’insère transversalement à la face plantaire du calcanéus et plus précisément, sur le tubercule postéro-interne. Elle se dirige horizontalement en s’élargissant vers la base des orteils et se termine à la face plantaire des articulations métatarso-phalangiennes. Elle prolonge le triceps sural et fait partie intégrante du système suro-achiléo-calcanéo plantaire.
L’aponévrose a un rôle essentiel de transmission des forces du triceps sural vers les orteils et sa visco-élasticité permet de restituer par détente élastique une grande quantité d’énergie à chaque foulée ou à chaque saut
II. ÉTIOLOGIES :
· Troubles statiques :
- un pied creux, entraînant une rétraction de l’aponévrose plantaire
- un pied plat, entraînant une élongation de l’aponévrose plantaire par éloignement des piliers antérieurs et postérieurs
- une myo-aponévrosite plantaire d’insertion par troubles statiques
- un pied valgus avec une hypoextensibilité du muscle triceps sural
· Traumatismes ou hyper-sollicitation :
- des traumatismes mécaniques répétés
- une hyper-sollicitation brutale lors d’impulsion, de saut, de démarrage rapide et de réceptions
· Pathologies aponévrotiques :
- des pathologies rétractiles : maladie de Ledderhose
- des formations nodulaires : séquelle d’AND
- kyste intra-aponévrotique
- aponévrose fragilisée avec souvent des ruptures partielles
III. SIGNES CLINIQUES :
Elle se traduit par :
- une douleur brutale et violente
- une sensation de craquement au niveau de la plante du pied
- une impotence fonctionnelle majeure : le sujet ne peut pas s’appuyer sur son pied
À l’examen, on va retrouver :
- un œdème localisé
- une ecchymose plantaire
- une douleur traçante à la palpation, tout le long de l’aponévrose, prédominant en regard du tubercule postéro-interne, siège préférentiel de ces ruptures
- une sensation de masse dure et douloureuse
- une douleur vive à la flexion dorsale des orteils et de la talo-crurale, mettant en tension maximum l’aponévrose
IV. EXAMENS COMPLÉMENTAIRES :
- La radiographie permettra de faire un diagnostic différentiel avec une fracture du calcanéus ou d’un ou plusieurs métatarsiens.
- L’échographie montrera une interruption locale de l’aponévrose.
- Seule l’IRM permet d’affirmer le diagnostic.
V. TRAITEMENTS :
· Phase 1 : du 1er jour au 21ème
- décharge complète pendant 10 jours
- AINS per os pendant 10 jours
- remise en charge progressive avec canne et contention
- cryothérapie et AINS percutanés
- électrothérapie à basse fréquence
· Phase 2 : du 21ème jour au 45ème
- massages avec étirements progressifs
- stretching (étirements) en balnéothérapie
- orthèses plantaires
VI. CONCLUSION :
En tant que pédicure-podologue, nous jouons un rôle important pour :
- des conseils de chaussant adapté au sport pratiqué
- des orthèses plantaires afin de corriger les troubles statiques et donc la cause