Syndrome de la bandelette ilio-tibiale
I. DÉFINITION :
Le syndrome de la bandelette ilio-tibiale, ou syndrome de l’essuie glace, est une affection caractéristique des coureurs de fonds (marathoniens, jogging…) et se rencontre quelquefois chez les cyclistes.
Il s’agit d’une tendinite de la bandelette ilio-tibiale (ou fascia lata), pouvant s’accompagner, dans 30 % des cas, d’une bursite.
Le fascia lata est épais, et enveloppe le muscle sartorius. C’est une bande fibreuse longitudinale qui prolonge latéralement le fascia glutéal. Il se termine sur le condyle latéral du tibia et donne insertion dans sa partie supérieure au muscle tenseur du fascia lata en avant, et au muscle grand fessier en arrière.
II. MÉCANISMES :
Dans la course de fond, la répétition des flexions-extensions du genou, provoque des micro-lésions des fibres collagènes de la bandelette ilio-tibiale, et parfois une bursite de la bourse séreuse située entre la bandelette et le condyle.
L’appellation « syndrome de l’essuie glace » vient du fait, qu’en extension du genou, la bandelette ilio-tibiale est située en avant de la tubérosité du condyle externe, et qu’en flexion, celle ci glisse sous le condyle externe à la manière d’un essuie glace.
Ainsi, à chaque mouvement de flexion-extension du genou, il y aura un conflit entre la bandelette ilio-tibiale et le condyle externe.
III. LE TABLEAU CLINIQUE :
Ce syndrome se traduit par des douleurs du compartiment externe du genou, irradiant parfois à la face externe de la cuisse.
Ces douleurs surviennent au bout de 20 à 30 minutes de course et sont augmentées en terrain vallonné ou sur des surfaces dures et non planes. Ces douleurs sont tellement intenses qu’elles obligent l’arrêt.
À la longue, ces douleurs deviennent gênantes dans les activités quotidiennes, telles que la montée ou la descente d’escalier.
L’examen clinique révèle un genou sec, de mobilité normale, et permet donc d’éliminer les signes méniscaux, une instabilité latérale, une souffrance fémoro-patellaire ou tout autre tendinites (biceps, poplité…).
Des troubles statiques, comme un genou varum plus ou moins associé à un valgus calcanéen, peuvent être mis en évidence en appui unipodal.
L’examen de la chaussure de course peut révéler une usure anormale du bord externe par rapport à l’autre chaussure, associée à une désaxation de la tige.
En fait, le diagnostic est affirmé grâce à deux tests :
- le test de RENNE :
- apparition spontanée de la douleur lorsque le sujet est en appui unipodal du côté incriminé, genou fléchi à 30-40°.
- On peut également demander au patient de faire des petites oscillations verticales autour de cette position articulaire, en associant plus ou moins des rotations internes ou externes
- le test de NOBLE :
- en décubitus dorsal, la pression directe, par le praticien, de la face externe du condyle latéral, à 3 cm au dessus de l’interligne, réveille des douleurs lors de la mise en extension passive du genou
- ces douleurs surviennent aux alentours de 30° de flexion
IV. TRAITEMENTS :
Il passe, dans un premier temps, par un repos sportif d’environ 3 semaines, associé à 2 ou 3 infiltrations de corticoïdes en suspension, entre la bandelette et le condyle.
On peut y associer de la cryothérapie, des massages transverses profond, de la physiothérapie et des manœuvres d’étirement du TFL.
La reprise progressive de l’entraînement devra s’effectuer sur un terrain souple et plan, en veillant à la qualité des chaussures et à l’amortissement de leurs semelles.