Syndrome rotulien
I. INTRODUCTION :
C’est un des premiers diagnostics à évoquer devant un sportif se plaignant de douleurs spontanées au niveau de l’articulation fémoro-patellaire, et ce d’autant plus s’il s’agit d’une femme.
Le syndrome rotulien nécessite une enquête étiologique, et s’intègre dans un ensemble plus vaste, les dérangements internes du genou qui comprend également le syndrome méniscale, le syndrome ligamentaire et le syndrome synovial.
Pour affirmer un syndrome rotulien, il faut faire un diagnostic différentiel avec les autres syndromes de dérangements internes du genou.
II. LES SIGNES FONCTIONNELS :
Le signe fondamental est la douleur spontanée. Cette douleur présente les caractéristiques suivantes :
- elle est située à la face antérieure du genou, le plus souvent péri-rotulienne avec parfois irradiation vers l’interligne interne
- elle se déclenche à la descente et à la montée d’escalier, à la position assise prolongée et à l’accroupissement
- une douleur provoquée en palpant les facettes rotuliennes, en percutant la rotule et en la mobilisant. Ces signes mettent souvent en évidence une sensation d’accrochage : signe du rabot voir craquement
Tous ces éléments sont des arguments positifs, mais il faut éliminer :
- les signes méniscaux : douleur sur l’interligne articulaire, manœuvres méniscales (en décubitus ventral, genou fléchi, on appui sur le genou en mettant le pied sous notre bras et on fait une rotation), blocages typiques
- le syndrome ligamentaire : douleurs sur les insertions ligamentaires, mouvements de tiroir ou de latéralité
III. ÉTIOLOGIES :
Pour les instabilités, il s’agit d’une luxation ou d’une subluxation récidivante de la rotule.
Pour les déséquilibres, il s’agit d’une hyper pression externe de la rotule.
Pour les désaxations, il s’agit d’une luxation ou d’une subluxation permanente de la rotule
· La luxation ou subluxation externe récidivante :
- Elles se définissent par des épisodes de luxation ou de subluxation chez un sujet ayant des facteurs favorisants préexistant
- Étiologies : joue externe de la trochlée pas assez développée, anomalie rotationnelle, insuffisance des muscles vastes internes, genou valgum
- Clinique : - elle s’observe chez les jeunes sportifs et se produit à la suite d’une réception de saut ou d’un mécanisme de rotation externe
- elle se manifeste par un dérobement du genou, suivi d’une chute jambe fléchie accompagnée d’une vive douleur
- s’installe ensuite une brève impotence fonctionnelle car le sujet étend de lui même son genou en réduisant manuellement le déplacement de la rotule
- secondairement, un épanchement hémorragique important du genou (hydarthrose) se constitue en même temps qu’augmente la douleur
- l’examen clinique révélera une hypermobilité de la rotule en DH, une douleur à la palpation du bord latéral interne dans la zone d’insertion de l’aileron interne, ainsi qu’un ressaut au cours de la mobilisation à l’engagement de la rotule dans la trochlée
- Radio : malformation externe de la rotule et rupture de l’aileron interne
· Le syndrome d’hyper-pression externe :
- Il est souvent bilatéral et correspond au frottement de la facette postéro-externe de la patella avec la joue externe de la trochlée
- Étiologies : Il peut être du à une anomalie de torsion tibiale
- Clinique : - douleur à la palpation de la partie externe de la rotule et signe du rabot
- Radio : - ostéo-condensation externe et bord externe déformé
- Évolution : arthrose fémoro-patellaire
· La luxation ou subluxation externe permanente :
- Elles correspondent au déplacement de la rotule avec perte de contact articulaire partiel ou total. La subluxation est plus fréquente et est souvent bilatérale
- Étiologies : - sports comme le karaté, le judo, l’athlétisme, le cyclisme
- Clinique : - douleur mécanique lors de la pratique du sport
- Radio : la rotule déborde en dehors de la trochlée externe
- Évolution : arthrose fémoro-patellaire
IV. TRAITEMENTS :
- repos relatif de l’articulation : interruption temporaire de l’activité sportive
- ponction du liquide hémorragique
- administration d’antalgiques ou d’AINS
- kinésithérapie de réaxation de la rotule, en particulier par le travail du muscle vaste médial
- rééducation proprioceptive du genou
- corrections des gestes sportifs
- orthèses plantaires pour un rôle amortissant et pour compenser une inégalité de longueur, un valgum ou un varum de genou, afin de neutraliser les troubles statiques du pied
- La chirurgie n’est envisagée que si après 6 mois de rééducation les résultats ne sont pas concluants : rééquilibration de la rotule avec la section de l’aileron patellaire latéral
V. CONCLUSION :
En conclusion, nous pouvons dire qu’il existe d’autres étiologies comme par exemples :
- la Chondromalacie de la rotule
- Ostéochondrite disséquante ou maladie de König
- La patella bi-partita
- Le syndrome de l’engagement
- Les trochlées convexes
- La maladie de Milgram