Pied équin
I. DÉFINITION :
Le pied équin est une flexion plantaire permanente de l’articulation talo-crurale
On peut distinguer deux types d’équin :
- l’équin positionnel, compensateur d’une inégalité de longueur
- l’équin architectural, non compensateur
On peut noter qu’un équin positionnel pourra devenir architectural s’il existe depuis longtemps.
Cette pathologie est invalidante et responsable d’une gêne fonctionnelle lors de la marche.
II. LES ÉTIOLOGIES :
- congénitales : - pied bot varus équin
- pied valgus convexe
- musculaires : - rétraction du muscle triceps sural
- rétraction aponévrotique et capsulo-ligamentaire due à une immobilisation prolongée
- rétractions suite à des séquelles neurologiques (spina-bifida, algoneurodystrophie réflexe, poliomyélite, hémiplégie, sclérose en plaque, maladie de Little…)
- croissance osseuse supérieure à la croissance musculaire
- pathologie rhumatismales (PR)
- osseuses : - fracture du calcanéus ou du talus, avec formation d’un cal vicieux
III. TABLEAU CLINIQUE :
Le diagnostic est clinique par l’observation de l’équin. La mobilisation de l’articulation talo-crurale s’impose : on observe une impossibilité de positionner la talo-crurale à 90°, ou d’effectuer une flexion dorsale.
On ira à la recherche d’une éventuelle inégalité de longueur.
En charge, on regardera comment évolue cet équin :
- Le pied équin compensé (totalement ou partiellement) :
- Si le sujet est suffisamment laxe et si sa musculature le permet, le pied va compenser au niveau des articulations subtalaire et de Chopart, par un valgus et une pronation du pied.
- Le risque est, qu’à la longue, ces articulations se sub-luxent, voire se luxent
- Cet équin du pied peut être également compensé par un flexum de genou
- Le pied équin non compensé :
- C’est souvent le cas, notamment dans les séquelles neurologiques ou la spasticité est encore importante avec un pied plutôt raide
- Il n’y a donc pas de compensation possible par un valgus et une pronation du pied.
- À la marche, le talon touche furtivement le sol donnant une démarche spécifique : rebondissement à chaque pas donnant un aspect rebondissant. L’attaque du pied se fera essentiellement au niveau de l’avant pied, sur la 5ème tête métatarsienne et le 5ème orteil, ce qui créera des conflits et donc des métatarsalgies (durillon) par surcharge de l’avant pied, et des pathologies à type de cor, d’ongle épidermique…
IV. TRAITEMENTS :
· Préventif :
- si alitement prolongé : cerceau + kinésithérapie (étirement, assouplissement…)
- si AND : rééducation précoce afin d’éviter les séquelles de rétractions capsulo-ligamentaire
- si PBVE : dépistage précoce et kinésithérapie à l’inverse des déformation
· Curatif :
- Dans les formes mineures : talonnette unilatérale ou bilatérale, hauteur du talon, kinésithérapie ou chaussures orthopédiques