Pied valgus convexe congénital
I. INTRODUCTION :
Le pied valgus convexe congénital est défini par l’association d’un équin irréductible de l’arrière pied et d’une luxation dorsale irréductible de l’os naviculaire sur le col ou la tête du talus.
Cette pathologie est très rare, touche plus le garçon que la fille et est la plupart du temps bilatérale.
Il existe dans plus de la moitié des cas des malformations neurologiques comme par exemple un spina-bifida.
II. DESCRIPTION ANATOMIQUE :
La déformation du pied comprend :
- un équin valgus irréductible de l’arrière pied
- un talus (= flexion dorsale) irréductible de l’avant pied au niveau de l’articulation de Chopart
- une convexité de la voûte interne
On parle souvent de pied en piolet lorsque les orteils sont très groupés (pied pointu).
La position de l’AVP est variable avec une éversion qui peut être majeure donnant l’aspect classique du pied convexe valgus. Plus rarement, l’AVP peut se positionner en inversion.
Le talus est en équin irréductible et sa tête plonge en bas et en dedans. La trochlée du talus s’articule avec la mortaise tibio-fibulaire par son tiers postérieur qui est aplati. La tête du talus est recouverte de cartilage mais elle est déformée par l’appui de l’os naviculaire sur son bord supérieur.
Le calcanéus est en équin valgus et vient au contact de la malléole fibulaire. Cet équin est parfois réductible par une mobilité très réduite de la subtalaire.
L’os naviculaire est souvent de petite taille, déformé " en galette " et luxé dorsalement sur la tête ou le col du talus. Cette luxation est toujours irréductible.
Le cuboïde est au sommet de la déformation sur l’arche externe. Il est subluxé dorsalement par rapport à la grande apophyse du calcanéus. Il s’hypertrophie et fixe les déformations après l’acquisition de la marche.
Les parties molles participent à la déformation de façon variable :
- le tendon d’Achille est court et s’insère souvent sur le versant externe du calcanéus
- la luxation dorsale de la médio-tarsienne est fixée par un véritable bloc fibreux qui unit le tibia au talus, au calcanéus et à l’os naviculaire
- les ligaments plantaires sont distendus
- les tendons des muscles tibial postérieur et fibulaires sont subluxés sur la face latérale des malléoles
- les tendons des muscles extenseurs et tibial antérieur font un angle aigu en passant sous le rétinaculum
III. DIAGNOSTIC :
Chez le nouveau-né, ou l’aspect clinique est loin d’être évident, il faut savoir le distinguer des pieds talus dont le pronostic et le traitement sont tout à fait différents.
Le diagnostic est facile quand le pied est vraiment convexe :
- saillie de la tête du talus à la partie interne de la plante
- dos du pied concave et plissé sur la face antérieure du coup de pied
Lorsque le pied est d’aspect talus, il faut savoir palper le calcanéus pour préciser l’équin et le valgus de l’ARP qui n’existe pas dans le pied talus.
A l’âge de la marche, le pied s’est affiné et le diagnostic devient plus facile, car l’acquisition de la marche accentue et fixe la déformation. L’inversion des arches plantaires est frappante. De plus, l’étude radiologique est facilitée à cet âge par la maturation osseuse.
IV. TRAITEMENTS :
La conduite à tenir dépend de l’âge auquel on est amené à traiter l’enfant, tout en sachant que le traitement devra être, de toute façon, chirurgical.
· Traitement orthopédique :
Il est indispensable chez le nouveau-né et le nourrisson, mais comme préliminaire au traitement chirurgical.
Son but est en fait d’assouplir le pied et d’éviter l’aggravation des déformations.
Il peut être fait avec des plâtres bivalves correcteurs successifs. La correction se fera progressivement et on traitera l’équin en dernier.
On associera ces plâtres à une kinésithérapie journalière.
· Traitement chirurgical :
L’indication de réduction chirurgicale est à poser entre l’âge de 5-6 mois et l’âge de la marche. Cette chirurgie consistera à effectuer des résections osseuses, notamment au niveau du talus, voire une arthrodèse de la subtalaire en position de fonction.
Quelle que soit la technique, l’intervention chirurgicale sera suivie d’une immobilisation par plâtre afin de maintenir l’acquis.
Puis, la rééducation est reprise immédiatement après l’ablation du plâtre, avec le port d’orthèses plantaires moulées pour soutenir le talus par une hémicoupole interne.
V. CONCLUSION :