Les Amputations au niveau du pied
I. INTRODUCTION :
L’amputation consiste en une section de l’os et des parties molles. Dans tous les cas, les amputations auront toujours des répercutions fonctionnelles, esthétiques et psychologiques.
Les amputations au niveau des pieds peuvent être totales ou partielles, unilatérales ou bilatérales.
II. ÉTIOLOGIES :
· Vasculaire : Elle représente 80 % des cas, et en général, le pronostic vital est engagé
- artériopathie oblitérante des membres inférieurs au stade des troubles trophiques majeurs
- nécrose ou gangrène diabétique (artérite diabétique)
· Traumatique : Les écrasements, broiements et arrachements peuvent être la cause d’un accident de travail ou autres. Il s’agit d’une urgence chirurgicale.
· Infectieuse : ostéite ou ostéomyélite à la suite d’une fracture ouverte.
· Tumorale : ostéosarcome : c’est une urgence chirurgicale car le pronostic vitale est engagé.
· Congénitale : L’amputation congénitale est intégrée dans le schéma corporel.
· Radiation : radiothérapie
· Gelures : Généralement, les orteils ou l’avant-pied tombe tout seul.
· Brûlures : Lorsqu’elles sont une surface très étendue.
· Psychiatrique : automutilation
III. LES DIFFÉRENTES AMPUTATIONS AU NIVEAU DU PIED :
· Amputation d’un ou de plusieurs orteils :
- Il se produit un déséquilibre transversal de la position des orteil.
- On pourra donc confectionner une orthoplastie d’orteil qui appuiera sur les orteils voisins, et qui sera de la largeur de l’orteil amputé.
- On pourra également confectionner une orthèse plantaire car il y aura en général prédominance d’appui de la tête du métatarsien de l’orteil amputé. Cette orthèse plantaire comportera un ARC, une BRC ou sera en monobloc.
· Amputation de l’hallux :
- Il y aura toujours une boiterie, avec un problème de propulsion, et la marche se fera essentiellement en plantigrade avec un hyper-appui sous la 5ème tête métatarsienne.
- On pourra confectionner une orthèse plantaire de réparation de charge avec par exemple une voûte élective du 1er métatarsien
· Amputations trans-métatarsienne et de Lisfranc :
- Les diaphyses métatarsiennes doivent être arrondie pour ne pas créer d’appui distaux douloureux
- Si l’amputation est eu niveau de Lisfranc, il n’y a plus d’arche interne, mais le moignon, dans sa partie antérieure est en générale bien modelé et non agressif à l’appui plantaire
- L’appareillage sera composé de deux parties :
- Une semelle de répartition de charge, pour épouser la face plantaire du moignon, associé à un comblement antérieur (faux bout de pied) qui jouera un rôle de remplissage de la chaussure
- Une semelle d’acier, située entre la semelle première et la semelle seconde, pour faciliter la déambulation dans la dynamique du pas postérieur : elle évitera la flexion brutale de la chaussure au niveau de l’avant-pied et la mise en contact douloureuse du faux bout et du moignon
· Amputation de Chopart :
- S’il n’y a pas de conservation du tibial antérieur, il faudra éviter la position en équin du talon
- Si la talo-crurale est libre : prothèse avec un emboîtement de contact du moignon
- Si la talo-crurale est ankylosée ou arthrodésée : appareillage remontant sur le segment associé à une talonnette bilatérale afin de simuler la flexion plantaire et de passer le pas
· Amputation de l’arrière-pied :
- Il faut conserver l’appui plantaire du calcanéus, par l’intermédiaire des téguments talonniers qui ont une propriété particulière de résistance à la pression, car il y a généralement une diminution de 2 à 5 cm par rapport au côté opposé
- On appareille avec une prothèse de jambe
· Amputation de Syme : désarticulation tibio-tarsienne :
- On a un moignon très fusiforme et très long, avec une amyotrophie du triceps sural
- On appareille avec une prothèse de jambe de contact
IV. CONCLUSION :
Pour toutes ces amputations, l’acte chirurgical doit privilégier la qualité de l’appui. L’amputation sera toujours refermée avec la peau plantaire que l’on ramènera en dorsale afin d’avoir un bon moignon et une cicatrice dorsale, sauf pour les amputations d’artérite que l’on ne referme pas car il y a un risque d’infection lié à une mauvaise vascularisation.
L’amputation devra être la plus limitée possible, en évitant cependant toute nouvelle amputation en cas de gangrène.