Syndrome du sinus du tarse
I. GÉNÉRALITÉS :
Le syndrome du sinus du tarse correspond à une déchirure totale ou partielle du ligament talo-calcanéen interosseux (ligament en Haie) dont le mécanisme est un mouvement de supination forcée de l’arrière-pied. En effet, lors du mouvement de supination, ce ligament est tendu, alors qu’il est détendu en pronation.
Le sinus du tarse est compris entre le calcanéus et le talus, et plus précisément, entre les surfaces articulaires postérieures et antérieures. Ce sinus est orienté en avant et en dehors.
Le ligament talo-calcanéen interosseux est vertical, très épais et constitué de deux plans :
- Plan antérieur : il s’insère sur le calcanéus, en arrière de la SA antéro-médiale, et sur le talus, en arrière du champ postéro-inférieur de la tête.
- Plan postérieur : il s’insère sur le calcanéus et le talus, juste en avant des SA postérieures.
Ce ligament participe aux moyens d’union de l’articulation subtalaire.
II. ÉTIOLOGIES :
Ce syndrome atteint les sujets de tout âge, et surtout entre 40 et 60 ans, jamais l’enfant ni l’adolescent. Il atteint le plus souvent le sujet actif. Les différentes étiologies peuvent être :
- traumatisme : fracture malléolaire, fracture du calcanéus, entorse
- trouble statique : varus de l’arrière-pied
III. TABLEAU CLINIQUE :
- douleur dans la région malléolaire externe, d’apparition progressive ou brutale, après un effort physique ou après un traumatisme
- la douleur est de type de distension, de déchirure et de brûlure
- la douleur est recréée à la palpation et à la pression de l’orifice externe du sinus du tarse, c’est à dire en avant de la malléole externe surtout lorsque l’on met le pied en inversion car ceci permet d’ouvrir le sinus du tarse
- les mouvements de prono-supination sont douloureux, avec parfois la sensation d’un craquement
- la douleur est majorée à la marche et notamment sur terrain accidenté
- présence d’un œdème localisé dans la région malléolaire externe
- la stabilité en unipodal est très difficile et très douloureuse : un diagnostic différentiel sera à faire dans le cadre d’instabilité chronique de cheville avec une insuffisance du ligament latéral externe
IV. EXAMENS COMPLÉMENTAIRES :
- La radiographie est le plus souvent normale, sauf en cas de fracture, et elle permet surtout de faire un diagnostic différentiel avec une arthrose subtalaire
- L’échographie permet de mettre en évidence de façon très précise des lésions du ligt interosseux
- La scintigraphie peut également être utile pour faire un diagnostic différentiel avec la fracture de fatigue du calcanéus
V. TRAITEMENTS :
- médical : antalgiques, infiltration de corticoïde
- rééducation proprioceptive après traumatisme
- repos
- chirurgical : il est généralement inutile grâce au traitement médical, sinon, suture du ligament
- podologique : orthèses plantaire de calage