Coxarthrose
I. GÉNÉRALITÉS :
La coxarthrose, ou arthrose de hanche, est une pathologie mécanique dégénérative qui touche, au niveau de l’articulation, le cartilage de revêtement. Ceci va entraîner une réaction de la synoviale puis, à un stade plus évolué, les lésions touchent l’os sous chondral.
Elle est relativement fréquente, souvent bilatérale, mal supportée et assez souvent chirurgicale.
II. ÉTIOLOGIES :
La coxarthrose présente deux aspects :
- secondaire, la plus fréquente
- primitive : âge, surcharge pondérale, micro-traumatismes répétés soit sportifs, soit professionnels
Les étiologies des coxarthroses secondaires sont :
- Les étiologies pédiatriques :
- Malformations congénitales comme la luxation congénitale de hanche qui, par sa fréquence importante, justifie un dépistage systématique chez tous les nouveau-nés. La LCH, qui correspond en fait à un défaut du développement du cotyle et du fémur (et non à une luxation, ni même à une subluxation) peut toucher tous les enfants, mais certains terrains sont particulièrement exposés comme les Bretons et les Auvergnats, et dans le cas de grossesse difficile (gémellité).
- Ostéodystrophies de croissance majeures comme la coxa-plana et l’epiphysiolyse.
- Les autres étiologies peuvent survenir à tout âge :
- Lésions traumatiques comme la luxation traumatique de hanche, une fracture du bassin ou du col fémoral.
- Ostéonécrose de la tête fémorale survenant par un traumatisme, un alcoolisme chronique, un traitement corticoïde, ou par un accident de plongée.
- Séquelles d’arthropathie de hanche (arthrite septique, maladie de Pajet).
III. TABLEAU CLINIQUE :
Sur le plan clinique, on retrouve une douleur mécanique qui survient à l’effort (marche, station debout) et se calme au repos. Cette douleur apparaît habituellement dans l’aine, parfois dans la région trochantérienne ou fessière et parfois même projetée aux genoux. Cette douleur entraîne une relative impotence fonctionnelle qui va s’exprimer par une boiterie et une diminution du périmètre de marche.
A l’examen clinique, on retrouve une réduction de la mobilité qui porte surtout sur les rotations et l’abduction (les mouvements de flexion-extension sont longtemps conservés). Dans les formes évoluées, il s’installe des attitudes vicieuses, surtout les flexum de hanche.
IV. EXPLORATIONS PARACLINIQUES :
La biologie du sang est normale. La biologie du liquide articulaire serait mécanique (jaune, visqueux et pauvre en cellules : mononucléaires) mais ce geste qui est agressif est en général évité (risque infectieux).
La radiographie simple de hanche affirme le diagnostic. On retrouvera les signes classiques d’arthrose :
- Pincement de l’interligne articulaire
- Condensation osseuse
- Construction osseuse (bec osseux ou ostéophytes)
La radiographie simple peut également affirmer le diagnostic étiologique :
- LCH
- Maladie de Pajet
- Nécrose de la tête fémorale
V. TRAITEMENTS :
1). Le traitement préventif :
- Dépistage et traitement d’une LCH (mise de la hanche en abduction permanente pendant des mois)
- Mise en traction continue dans une coxa-plana
- Réduction rapide d’une luxation traumatique de hanche
2). Le traitement curatif :
a). Le traitement médical peut suffire et comprendra :
- Antalgiques
- AINS lors des poussées
- Kinésithérapie pour éviter les attitudes vicieuses
- Mise en décharge lors des poussées
- Crénothérapie
- Orthèses plantaires car la coxarthrose entraîne des troubles de la marche et déstabilise souvent la statique du pied
b). Le traitement chirurgical : Plus la maladie évolue et plus la radiographie s’aggrave. Mais cette radio n’est pas fondamentale pour un geste chirurgical. Cette opération sera décidée sur la gêne fonctionnelle du patient (quand la maladie survient chez le sujet jeune ou quand la maladie est destructrice rapide).
Le traitement sera alors une prothèse totale de hanche qui en général est bien supportée mais peut poser des problèmes de descellement, de luxation, mais surtout d’infection osseuse qui obligera par la suite à une arthrodèse et donc à une perte complète de la mobilité.
Pour éviter cette prothèse totale de hanche, un traitement médical bien suivi peut suffire et certaines chirurgies peuvent empêcher ou plutôt retarder la prothèse totale de hanche : - mise en place d’une butée osseuse
- plus souvent, ostéotomie de réaxation
VI. CONCLUSION :
La coxarthrose bénéficie donc d’un traitement médical, chirurgical et de kinésithérapie.