Lombarthrose
I. GÉNÉRALITÉS :
Le rachis lombaire, et surtout la charnière lombo-sacrée, est très souvent surchargé mécaniquement par sa mobilité intense, par son caractère portant et par la fréquence de circonstances favorisantes comme les activités agressives et les malformations.
L’arthrose peut être située dans deux localisations :
- le plus souvent, à la jonction entre le disque intervertébral et le corps vertébral : c’est la discarthrose
- au niveau de l’arc post. sur les articulations postérieures : c’est l’arthrose articulaire postérieure
Ces deux arthroses peuvent être isolées ou associées.
II. LES EXPRESSIONS CLINIQUES :
Dans la discarthrose, le disque va s’effondrer et on aura donc à la radio un pincement discal. Ce disque déstructuré aura tendance à laisser fuser le nucleus qui va alors rompre les fibres de l’anneau et parfois même faire une hernie discale.
Cette arthrose discale va entraîner la formation d’ostéophytes qui risquent, s’ils sont postérieurs, d’encombrer le canal rachidien et de comprimer son contenu.
Les différentes expressions cliniques sont variées et peuvent se succéder. Les principaux tableaux sont :
- la lombalgie chronique
- la lombalgie aiguë paroxystique ou lumbago
- la lombo-sciatique
- le canal lombaire rétrécit
1. La lombalgie chronique :
C’est une douleur lombaire, et surtout lombo-sacrée, avec irradiations fessières de type mécanique mais gênant tout au long de la journée. Cette douleur s’accompagne de contractures paravertébrales qui majorent les douleurs. Il s’y associe une impotence fonctionnelle avec réduction de l’activité et parfois constitution d’un véritable handicap.
La mobilité du rachis est limitée dans tous les secteurs avec douleurs provoquées à la mobilisation.
2. Le lumbago :
Le tableau clinique est dû au glissement du noyau discal à travers les anneaux du disque. La douleur sera très intense et le sujet immobilisé dans la position du traumatisme. Les épisodes de lumbago se produisent brutalement à l’occasion d’un facteur déclenchant qui est le plus souvent un effort intense (effort de soulèvement), mais parfois un effort minime.
Sur le plan clinique, la douleur est lombaire, extrêmement intense avec attitude antalgique et souvent blocage total du rachis avec déformation. Cet épisode va régresser en quelques jours, aidé par le repos absolu, les antalgiques, les AINS et les myorelaxants.
3. La lombo-sciatique
On distingue deux types de lombo-sciatique :
- les secondaires, dues soit à des infections du rachis, soit à des tumeurs (myélomes, métastases)
- les communes par lombarthrose.
Dans cette pathologie commune, la racine nerveuse est comprimée soit par une hernie discale, soit par des ostéophytes. Sur le plan clinique, il existe une douleur lombaire avec enraidissement du rachis, mais la souffrance essentielle est neurologique sur le model d’un syndrome radiculaire qui comprends au niveau de L5 et S1 plusieurs éléments :
- douleur intense de type électrique dessinant un trajet qui correspond au territoire de la racine concernée. Pour L5 : fesse, face externe de cuisse, face antéro-externe de jambe, dos du pied jusqu’à O1 ; Pour S1 : fesse, face postérieure de cuisse, mollet, plante du pied vers O5.
- paresthésies concernant surtout le pied, soit en dorsal, soit en plantaire
- hypoesthésie ou même anesthésie touchant le pied
- rarement, signes moteurs volontaires
- souvent, diminution ou abolition d’un réflexe ostéo-tendineux à condition qu’il s’agisse d’une sciatique S1 touchant le réflexe Achiléen.
Cette lombo-sciatique commune est caractérisée par :
- déclenchement de la sciatique brutalement à l’occasion d’un effort
- douleur mécanique surtout diurne mais permettant le sommeil
- absence de signe neurologique important
- absence de fièvre, d’altération de l’état général et de manifestation en dehors de la sciatique
4. Le canal lombaire rétrécit :
Le canal lombaire est l’espace délimité par les arcs postérieurs à l’étage du rachis lombaire. A cet étage, le contenu du canal est la queue de cheval. En cours de vie, peuvent apparaître des phénomènes majorant cette étroitesse : ostéophytes, protusion discale.
Il s’agit alors d’une souffrance poly-radiculaire et bilatérale qui est majorée à la marche en raison de la congestion vasculaire. Il apparaît des douleurs intenses, électriques, en trajet dans les deux membres inférieurs, le plus souvent sous la forme d’une sciatique bilatérale, sans topographie précise. Cette douleur va entraîner un model de claudication intermittente douloureuse. Un diagnostic différentiel sera donc à faire avec l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs. Cette pathologie expose à une aggravation progressive avec apparition de troubles moteurs volontaires à type de parésie des membres inférieurs et éventuellement de paraplégie véritable. Il peut s’ajouter une hypoesthésie voire une anesthésie localisée au niveau de la racine des membres inférieurs (anesthésie en selle).
III. LES PRINCIPES THÉRAPEUTIQUES :
Dans tous les cas, le traitement est d’abord médical et est basé sur 2 moyens :
- des moyens physiques : - mise au repos par un alitement avec repos absolu
- la kinésithérapie (traction vertébrale)
- régime en cas de surcharge pondérale + activité physique régulière et non traumatisante
- action à distance par le pédicure-podologue
- des moyens médicamenteux : - antalgique, AINS et les myorelaxants avec éventuellement utilisation de corticoïde par voie locale ou générale
- dans certains cas rebelles, on choisit de détruire le disque par chimio-nucléolyse
Dans certains cas, il faut également un traitement chirurgical :
- curetage discal qui pose le problème d’un retentissement progressif sur le disque adjacent
- cure simple de hernie
- nucléotomie percutanée
- arthrodèse
IV. CONCLUSION :
Pour le pédicure-podologue, ces situations de lombarthrose présentent plusieurs intérêts :
- Il existe un lien entre les troubles statiques du pied et la lombarthrose. Les troubles statiques sont majorés par la lombarthrose et vice versa. Le traitement de ces troubles statiques permettra donc une amélioration.
- Ces symptômes de lombarthrose concernent électivement le pied, comme la lombo-sciatique et le canal lombaire rétrécit.
De plus, certaines de ces manifestations ne doivent pas être confondues :
- paresthésie de la lombo-sciatique à différencier des troubles veineux et artériel
- claudication intermittente du canal lombaire à différencier avec l’artérite des membres inférieurs