Ostéochondrose du pied
I. GÉNÉRALITÉS :
Les ostéochondroses sont également appelées ostéochondrites. Elles correspondent à une inflammation primitive ou secondaire des cartilages articulaires des os.
Les ostéochondroses secondaires sont nombreuses. Quand elles surviennent après la croissance, on parle d’ostéonécroses
Les ostéochondroses primitives sont de cause inconnue et surviennent principalement dans l’enfance, au cours de la croissance : on parle d’ostéodystrophies de croissance
II. LES OSTÉONÉCROSES :
· Définition :
Ce sont des pathologies osseuses caractérisées par une lésion histologique, correspondant à un phénomène ischémique, qui entraîne ensuite une phase de réparation spontanée qui peut aboutir à un os morphologiquement normal, ou à des déformations osseuses.
Dans certains cas, la zone nécrosée se sépare du reste de l’os : c’est alors un séquestre osseux qui aboutit à une nécrose définitive avec parfois libération du séquestre.
Ces ostéonécroses touchent certains os pour des raisons anatomiques de vascularisation limite ou unique. Au pied, la forme typique est l’ostéonécrose du talus
· Étiologies :
Elles sont nombreuses et dominées par :
- lésions traumatiques osseuses comme la fracture ou la luxation
- certains facteurs toxiques comme l’alcool
- certains médicaments comme les corticoïdes
- maladies générales comme les connectivites et les artériopathies oblitérantes du membre inf.
· Forme typique de l’ostéonécrose du talus :
- elle fait suite à un traumatisme violent, en général une fracture du calcanéus
- elle s’exprime par une douleur qui survient 2 à 3 mois après la fracture : un diagnostic différentiel avec l’AND sera à faire (la douleur est en général plus diffuse)
- la douleur s’accompagne d’une gêne fonctionnelle, d’une boiterie et d’une limitation du périmètre de marche
- la mobilité articulaire reste normale
- à la radiographie, on retrouve des signes de nécrose au bout de seulement 2 à 3 mois :
- aspect non homogène du talus avec des zones d’hyper-clarté et de condensation
- l’interligne articulaire est respectée
- phénomène d’effondrement osseux avec parfois la présence d’un séquestre osseux
- la scintigraphie osseuse ou l’IRM permettent de démasquer précocement la nécrose
- le traitement :
- préventif : lutte contre l’alcoolisme et réduction en urgence des luxations
- curatif : - traitement étiologique, mise en décharge, kiné et port d’orthèses plantaires
- administration de calcitonine pour calmer la douleur
III. LES OSTÉODYSTROPHIES DE CROISSANCE :
· Définition :
C’est une forme particulière d’ostéonécrose ischémique, survenant pendant la croissance, sans étiologie évidente. On retrouve des facteurs favorisants comme des troubles statiques et la pratique sportive (danse, foot, tennis) avec ses microtraumatismes. On la rencontre le plus souvent chez le garçon.
Ces pathologies surviennent pendant l’enfance ou l’adolescence, ou il existe d’importants remaniements osseux.
On peut distinguer deux types d’ostéodystrophies : les majeurs, qui touchent essentiellement le rachis et la hanche, et les mineurs, dont les plus célèbres sont au pied.
· Les points communs :
Ces pathologies se révèlent cliniquement par des douleurs osseuses qui sont souvent articulaires par la localisation anatomique de la nécrose.
La douleur est d’autant plus articulaire qu’il y a souvent une réaction articulaire avec gonflement et même aspect inflammatoire.
Sur le plan radiologique, il apparaît un remaniement osseux qui devient non homogène, avec des zones condensées et des zones déminéralisées. Le tout conduit à une déformation osseuse, voire à une déformation osseuse. Les interlignes articulaires sont respectés.
Des années plus tard, la radiographie sera très différentes : l’os sera redevenu normal sur le plan de sa texture et, sa morphologie peut être normale, ou marquée par une déformation. Les signes dominants sont alors, en cas d’évolution défavorable, les signes de l’arthrose : pincement de l’interligne, condensation sous-chondrale, ostéophytes.
Les traitements sont les toujours les mêmes :
- mise en décharge prolongée, et port d’orthèses plantaires de décharge ou de correction d’un troubles statique
- antalgiques, AINS, infiltration de corticoïde
- au stade des complications arthrosiques : antalgiques, AINS, OP, chirurgie
· Maladie de Freiberg :
- C’est une nécrose ischémique de la tête métatarsienne, localisée à la 2ème ou à la 3ème tête.
- La pathologie semble présenter une prédominance féminine peut-être car ,parmi les activités en cause, la danse joue un rôle important.
- Souvent, cette pathologie est favorisée par une insuffisance du 1er rayon
- La douleur au niveau est diffuse à l’AVP, ou localisée à la 2ème tête : métatarsalgie mécanique
- Il peut s’y ajouter une tuméfaction locale
- En cours d’évolution, la tête a tendance a se déformer par aplatissement : évolution vers arthrose
· Scaphoïdite tarsienne (maladie de Kolher-Mouchet) :
- Cette nécrose présente une prédominance masculine, en rapport avec certains sports (foot).
- L’importance anatomique de l’os naviculaire est à la base des complications graves de cette pathologie : arthroses des différentes articulations impliquées.
- Cette pathologie entraîne une gêne à la marche et à l’activité sportive, ainsi qu’une limitation de la mobilité dès la phase évolutive, et plus encore en cas de séquelles arthrosiques
- La déformation de l’os naviculaire est souvent importante : aplatissement antéro-postérieur, avec un aspect en lentille
· Maladie de Sever (apophysite postérieure du calcanéus) :
- C’est une nécrose du noyau postérieur du calcanéus qui favorise la déformation définitive du talon
- Un diagnostic différentiel est à faire avec une fracture de fatigue du calcanéus, un ostéome ostéoïde, et surtout les pathologies d’insertion
- L’atteinte est le plus souvent bilatérale
- La douleur est de type mécanique, à la marche et à la pratique sportive (sauts)
· Maladie de Renander (sésamoïdite) :
- C’est une nécrose du sésamoïde externe ou interne
- La pathologie s’exprime par une métatarsalgie qui est localisée aux sésamoïdes
- il existe une douleur exquise à la palpation des sésamoïdes, majorée lors de l’extension de l’hallux
IV. CONCLUSION :