Pelvispondylite rhumatismale
I. DÉFINITION :
Cette pathologie est une arthrite sans étiologie précise. Elle touche un terrain particulier :
- l’homme
- vers 15 à 20 ans
- terrain familial avec la marque HLA B27
Cette maladie est chronique, à vie, évolutive, mais sa tendance destructrice est modérée d’où une gêne fonctionnelle relative sauf dans les formes graves où elle entraîne un handicap majeur (forme ankylosante).
II. ÉTIOLOGIES :
Il n’y a pas d’étiologie connue, mais cette atteinte peut survenir dans deux situations :
- soit isolement
- soit au sein d’une maladie plus vaste : le rhumatisme psoriasique
La PSR peut également faire suite à une autre maladie : le syndrome Fiessinger-Leroy-Reiter (FLR)
III. TABLEAU CLINIQUE :
Cette maladie inflammatoire touche surtout le squelette axial, le rachis et le bassin. Cette atteinte est souvent associée à une atteinte périphérique du membre inférieur et en particulier du genou et du pied.
Cette maladie touche les synoviales avec donc des arthrites, mais également les enthèses. Ce sont surtout les enthèses du bassin et plus encore du pied qui sont concernés d’où des talalgies inflammatoires.
Au début, il apparaît des douleurs inflammatoires rachidiennes au niveau de la charnière dorso-lombaire. L’autre atteinte précoce est celle du bassin au niveau des articulations sacro-iliaques avec des douleurs fessières inflammatoires.
L’évolution va entraîner l’apparition d’autres symptômes :
- enraidissement rachidien apprécié par : . distance mains/sol
. distance occiput/mur
. ampliation thoracique
- talalgie inflammatoire, arthrite métatarso-phalangienne, arthrite du genou
- Dans les formes sévères, l’atteinte est ankylosante et porte sur le rachis, le bassin, les hanches, les genoux et les pieds. Il y aura perte de mobilité et déformations : cyphose globale et projection de la tête en avant
- Atteintes extra-articulaires : atteinte oculaire, atteinte intestinale, insuffisance aortique
IV. SIGNES PARACLINIQUES :
Les signes radiographiques sont typiques de cette maladie mais n’apparaissent que tardivement :
- Atteinte des sacro-iliaques puis fusion des sacro-iliaques dans la forme évoluée
- Atteinte du rachis avec formation d’ébauche de pont osseux : syndesmophytes qui peuvent conduire à la colonne bambou. Il s’y ajoute des ossifications ligamentaires avec le rail médian et les rails latéraux.
- Atteinte des pieds avec l’épine calcanéenne inflammatoire d’aspect épais, trapu, mousse et souvent pluri-étagée (différente de l’épine calcanéenne mécanique). Cette image peut être associée à une calcification du tendon d’Achille
La biologie du sang retrouve les syndromes inflammatoires mais pas d’auto-anticorps. On pratique un typage HLA qui retrouve en général la marque B27.
V. TRAITEMENTS :
Il n’y a ni prévention ni traitement étiologique.
Le traitement est symptomatique à base :
- d’AINS et d’antalgique lors des poussées
- surveillance clinique et paraclinique régulière
- kinésithérapie relayée par une gymnastique individuelle quotidienne
- traitement de fond (sels d’or) quand la maladie est rebelle
Dans les formes sévères, le handicap est lourd et conduit à une chirurgie réparatrice (prothèse totale de hanche, chirurgie rachidienne de redressement) et à des appareillages.
Au niveau du pied, deux expressions peuvent concerner le pédicure-podologue :
- pour la talalgie inflammatoire souvent rebelle, c’est l’orthèse d’exclusion de la zone douloureuse