Rhumatisme psoriasique
I. GÉNÉRALITÉS :
Le psoriasis est une pathologie cutanée érythémato-squameuse à caractère familial et d’étiologie inconnue. Ce psoriasis peut s’accompagner d’autres manifestations, en particulier articulaires : On parle alors de rhumatisme psoriasique. Dans la majorité des cas, le psoriasis précède de plusieurs années (10) le rhumatisme. Dans certains cas, le rhumatisme précède le psoriasis, mais le diagnostic est pourtant possible car très particulier.
Le rhumatisme psoriasique possède deux aspects :
- une pelvispondylite rhumatismale (PSR) un peu particulière (atteinte axiale)
- une atteinte périphérique privilégiant les extrémités (différente de la PR)
II. TABLEAU CLINIQUE :
1. Atteinte axiale :
C’est une PSR avec une douleur rachidienne inflammatoire accompagnée d’une déformation rachidienne en cyphose auxquels s’ajoutent des douleurs fessières inflammatoires. Il peut s’y ajouter des arthrites des membres inférieurs et des enthésites dont la plus célèbre s’exprime par des talalgies.
Cette PSR, dans le psoriasis, est une forme sévère, donc une spondylarthrite ankylosante avec déformations majeures du rachis (projection de la tête en avant, cyphose globale), limitation respiratoire et atteinte des hanches. Cette atteinte est généralement liée à un terrain B27.
2. Atteinte périphérique :
C’est l’atteinte typique du rhumatisme psoriasique. Les mains et les pieds sont touchés de façon égale avec des arthrites qui présentent les particularités suivantes :
- l’atteinte est bilatérale mais asymétrique
- l’atteinte porte sur les MCP, les MTP et les IPP, et l’atteinte est particulièrement violente sur les IPD
- l’arthrite peut être suraiguë avec rougeur articulaire et gonflement globale d’un doigt en saucisse
La radiographie des mains et des pieds est également particulière. On constate des images destructrices associées à des images constructrices surtout au niveau des IPD. A cet aspect typique de la maladie, s’ajoutent souvent les lésions psoriasiques, le plus souvent unguéales, mais parfois cutanées, à la plante des pieds.
III. DIAGNOSTIC :
Devant des arthrites, on recherche toujours un psoriasis, soit dans les zones classiques (face d’extension du genou et du coude), soit dans les zones ou le psoriasis est souvent méconnu (cuir chevelu, ombilic, plis et en particulier inter-fessier).
Le diagnostic est également évoqué devant toute pelvispondylite et surtout, devant les arthrites d’IPD suraiguës et asymétriques.
On pratique ensuite des examens paracliniques, surtout des radiographies :
- radio. du rachis : syndesmoses, rails médians et latéraux, voire la colonne bambou
- radio. des sacro-iliaques avec fusion
- radio. des extrémités (mains et pieds) avec des images constructrices et destructrices des IPD, et une épine calcanéenne courte et épaisse.
La biologie retrouve un syndrome inflammatoire et éventuellement un HLA B27. La biologie peut être utile dans le diagnostic du psoriasis : biopsie cutanée.
IV. ÉVOLUTION ET TRAITEMENTS :
L’évolution est toujours handicapante, soit par la spondylarthrite ankylosante, soit par les atteintes destructrices des extrémités. Il s’y ajoute souvent le handicap cutané.
Le traitement est symptomatique :
- traitement du psoriasis
- traitement du rhumatisme, basé sur les AINS, les antalgiques et localement, par des infiltrations, de la kinésithérapie et par le pédicure-podologue pour la réalisation d’orthèses plantaires
Dans certains cas, c’est même la chirurgie qui est nécessaire pour des atteintes axiales et même périphériques.
Quand la maladie est très évolutive, un traitement de fond est nécessaire. Certains médicaments de fond ne sont pas efficaces et d’autres sont efficaces mais risquent de provoquer des effets secondaires (Ex : les sels d’or risquent de déclencher des poussées sur le psoriasis).