Syndrome du canal tarsien
I. INTRODUCTION :
Il s’agit d’une pathologie neurologique périphérique tronculaire, particulière par son mécanisme : compression d’un tronc nerveux dans un canal anatomique ostéo-musculaire.
Le syndrome du canal tarsien correspond à une compression du nerf tibial postérieur ou de ses branches terminales (nerfs plantaires médial et latéral) au niveau du canal tarsien.
Ce canal tarsien est situé à la face médiale du calcanéus et contient le nerf tibial postérieur, l’artère tibiale postérieure ainsi que des tendons des muscles tibial postérieur, LFO et LFH.
II. ÉTIOLOGIES :
Elles sont diverses et concernent les différents éléments du canal :
- cause traumatique : fracture du calcanéus ou séquelles de fracture (cal hypertrophique)
- cause micro-traumatique lors de marche excessive (surmenage) ou à cause d’un trouble statique
- pathologie tendineuse : téno-synovite, kyste synovial, et plus rarement, tophus dans le tendon lors de la goutte
- présence d’un œdème : grossesse, IVC, hypothyroïdie
- dilatation veineuse
III. SIGNES CLINIQUES :
· Signes sensitifs subjectifs :
- paresthésie au niveau des orteils, du talon, ou diffuse à tout le pied
- douleurs dans le talon, et ascendantes dans le mollet et à la face médiale du tibia, évoquant une pathologie vasculaire
- ces paresthésies et ces douleurs sont souvent nocturnes ou à l’occasion d’un surmenage
· Signes sensitifs objectifs :
- hypoesthésie (rare) de la pulpe des orteils où de la face plantaire du talon
· Signes moteurs :
- parésie (très rare) portant sur la flexion des orteils
· Troubles trophiques :
- œdème de la région rétro-malléolaire interne
- diminution de la sudation
Les éléments fondamentaux du diagnostic sont alors :
- une compression directe du canal tarsien
- une percussion du canal tarsien qui peut provoquer l’apparition ou la majoration des douleurs ou des paresthésies : c’est le signe de TINEL
IV. LES DIAGNOSTICS DIFFÉRENTIELS :
Avec l’IVC, il faut éliminer les signes veineux :
- absence de douleur à la pression des axes veineux
- absence du signe de Homans
- on peut avoir recourt au Doppler
Il faut également éliminer les signes artériels :
- chaleur normale du pied et pouls perçus
- on peut avoir recourt au Doppler
Il faut éliminer les pathologies neurologiques, surtout une polynévrite :
- atteinte unilatérale
- absence d’anesthésie en chaussette
- absence de signes trophiques nets
- absence des étiologies habituelles
On peut évoquer une sciatique suspendue, limitée au segment jambier et au pied :
- on ne retrouve pas de signe de Lassègue, ni de douleur provoquée à la pression paravertébrale
En cas de doute, on pourra faire un EMG où on observera une diminution de la vitesse de conduction nerveuse s’il y a un syndrome du canal tarsien.
V. TRAITEMENTS :
- traitement médical : infiltrations de corticoïdes
- traitement chirurgical : quand le traitement médical n’obtient qu’une amélioration de courte durée, où quand l’exploration neurologique montre des signes francs
- traitement podologique : afin de corriger les troubles statiques
VI. CONCLUSION :