Le pied neurologique
I. INTRODUCTION :
Dans la plupart des affections neurologiques d’origine centrale ou périphérique, le pied est lésé.
Les lésions peuvent être motrices, sensitives et trophiques. L’examen du pied neurologique comprendra donc plusieurs étapes : - examen de la motricité
- examen de la sensibilité
- examen de la trophicité
II. L’EXAMEN DE LA MOTRICITÉ :
· La motricité volontaire :
C’est la force musculaire. Un déficit de celle ci est très souvent retrouvée dans les pieds neurologiques avec : - une paralysie totale ou partielle touchant un muscle ou un groupe de muscle
- un trouble de la marche
- une modification de la statique du pied (équin, varus, valgus, talus, creux, ballant)
- une impossibilité ou difficulté à effectuer certains mouvements
Tout d’abord, il faudra juger de la présence ou non de la motricité volontaire afin de pouvoir parler soit de paralysie si le déficit moteur est total, soit de parésie s’il est partiel.
De plus, il faudra apprécier sa qualité en s’opposant à celle ci : on testera donc la force motrice du patient sans entrave, contre pesanteur et contre résistance manuelle. Ceci peut s’appliquer à un groupe musculaire ou à un seul muscle. On parlera alors de testing et on pourra côté ce muscle de 0 à 5.
· La motricité involontaire :
Il faut apprécier le tonus musculaire qui est soit normal, soit excessif, soit diminué.
En cas d’atteinte centrale (syndrome pyramidal), on retrouvera une hypertonie élastique : on parlera de paralysie spastique. On peut parfois retrouver un tremblement touchant surtout les extrémités. Il existe une exception, le syndrome cérébelleux, ou l’on retrouve une hypotonie discrète.
En cas d’atteinte périphérique (syndrome neurogène périphérique), on retrouvera une hypotonie faisant parler de paralysie flasque .
On étudiera ensuite les réflexes et notamment le réflexe ostéo-tendineux avec aux membres inférieurs : les réflexes rotuliens et achiléen. En cas d’atteinte centrale, on assistera à une hyper réflexivité et, en cas d’atteinte périphérique, à une diminution, voire un abolition, de ce réflexe, ainsi qu’à un phénomène de fasciculation (contraction involontaire sur des faisceaux musculaires).
On pourra également étudier le réflexe cutané dont le réflexe cutané plantaire. Ce réflexe consiste à stimuler le bord externe de la plante du pied, du talon vers le 5ème orteil, avec une pointe. En cas d’atteinte centrale, on aura le signe de Babinsky positif, c’est à dire qu’on observera une extension lente et majestueuse du gros orteil (ce signe est physiologique chez les nouveaux nés). Au contraire, en cas d’atteinte périphérique, on assistera à une flexion des orteils (signe de Babinsky négatif).
III. EXAMEN DE LA SENSIBILITÉ :
· La sensibilité superficielle :
Elle est de trois types : - algésique par piqûre
- thermique par épreuve chaud/froid
- tactile par effleurement
· La sensibilité profonde :
Elle est facile à apprécier au niveau articulaire et osseux. Deux gestes sont performants :
- positionnement dans l’espace d’une articulation, sans contrôle de la vue, et notamment des orteils
- sensibilité osseuse avec le diapason (méthode vibratoire)
À la suite de cet examen sensitif, on peut découvrir des troubles sensitifs subjectifs et objectifs qui signent une atteinte périphérique :
- signes sensitifs subjectifs : ce sont des signes perçus par le patient mais non vérifiable directement. Les principaux signes sensitifs subjectifs sont une douleur et des paresthésies (fourmillement, engourdissement…)
- signes sensitifs objectifs : ce sont les signes vérifiables et même quantifiables. Les principaux signes sensitifs objectifs sont une hypoesthésie, une anesthésie et parfois une hyperesthésie (perception du simple toucher sous la forme de douleur)
IV. EXAMEN DE LA TROPHICITÉ :
Il faut toujours rechercher dans une ambiance neurologique des troubles trophiques qui peuvent être :
- soit discrets : œdème, modification de la température de la peau, sécheresse cutanée, chute de la pilosité, altération des ongles…
- soit majeurs : mal perforant plantaire, rétraction ligamentaire
Ces troubles trophiques témoignent généralement d’une atteinte périphérique. De plus, il existe des troubles trophiques électifs aux muscles comme l’amyotrophie
V. CONCLUSION :