Eczéma
I. GÉNÉRALITÉS :
L’eczéma est une affection cutanée très fréquente qui évolue par palier, en 4 phases stéréotypées :
- phase d’érythème : dermatose suintante
- phase vésiculeuse
- phase d’exulcération, à la suite de la rupture des vésicules
- phase de croûte
Plus tard, on peut observer une desquamation, voire une lichénification qui correspond à un épaississement de la peau suite à un grattage intensif.
II. CLINIQUE :
Au sein d’une même zone de lésion, on va avoir tous les stades. On va observer des placards à bords émiettés. C’est une dermatose qui gratte par rapport au psoriasis. Cliniquement, on a 4 eczémas possibles :
- L’eczéma aigu : il correspond classiquement aux 4 stades (érythème, vésicule, exulcération, puis croûte). Il est caractérisé par un déclenchement brutal en quelques heures. On peut parfois avoir un œdème variable en fonction des zones (peau fine = œdème très marqué).
- L’eczéma chronique : cliniquement, on a un eczéma sec et non suintant, avec des zones qui restent avec un fond érythémateux. Mais, à la place des vésicules, on a une desquamation mal limitée.
- L’eczéma lichénifié : il peut appartenir à l’eczéma chronique et survient toujours sur un eczéma chronique. C’est un eczéma de longue durée qui s’auto-entretient par le grattage des plaques.
- L’eczéma sur-infecté : il complique un eczéma aigu et est dû à l’effraction cutanée qui permet donc l’infection. Dans ces cas là, le suintement va devenir purulent, formant des croûtes épaisses un peu jaunâtres. On peut avoir une présence de fièvre et de ganglions : il faudra donc traiter l’infection avant l’eczéma.
III. CLASSIFICATION DE L’ECZÉMA :
On distingue deux grands types d’eczéma :
- L’eczéma qui va dépendre de facteurs externes à l’individu = eczéma de contact
- L’eczéma dont l’origine est propre à l’individu = dermatite atopique
1. L’eczéma de contact :
- Mécanisme : Il correspond à un eczéma allergique. Cet eczéma présente deux phases :
- La phase de sensibilisation : premier contact avec l’allergène qui va être capté par les lymphocytes T qui se trouvent au niveau de l’épiderme. Certains LT vont garder en mémoire l’allergène.
- La phase de révélation : réintroduction de l’allergène. Les LT vont reconnaître l’antigène et déclencher la réaction inflammatoire.
- Etiologies : Les allergènes de contact sont très nombreux : nickel (bijou fantaisie), les topiques (baume du Pérou, Bétadine), les parfums, les anesthésiques locaux, les sparadraps, les colorants, les végétaux (tulipe).
- Clinique : On va avoir un eczéma aigu, voir éventuellement un eczéma chronique qui va s’auto-entretenir. La zone d’eczéma va déborder la zone de contact et les limites sont assez floues.
- Localisation : L’eczéma de contact doit être recherché surtout au niveau des poignets et des aisselles, mais il existe cependant des localisations aberrantes comme les paupières, les ongles.
- Diagnostic : Il se fait par des tests épicutanés qui permettent de déterminer l’allergène. Il se fait également à l’aide de différents patchs qui vont déclencher la réaction.
- Diagnostic différentiel : Dermite prurigineuse qui résulte de l’application sur la peau d’une substance irritante, sans composante immunologique.
- Traitements : Suppression de l’allergène, traitement aux dermo-corticoïdes pour supprimer l’inflammation, hydratation pour eczéma sec.
2. La dermatite atopique :
- Définition : C’est l’ensemble des manifestations cutanées qui surviennent chez le sujet prédisposé.
- Etiologies : La laine, les produits pour se laver (savons), les poils de chien ou de chat.
- Clinique : Elle se manifeste dès l’enfance, dans les premiers mois de la vie. Elle atteint 3 à 5 % des enfants et se modifie en fonction de l’âge :
- Avant 2 ans : placard convexe au niveau des joues, avec sécheresse cutanée très importante qui rend la peau poreuse et laisse donc passer les allergènes.
- Après 2 ans : la localisation est au niveau des plis, coudes, genoux et aux oreilles.
- Complications : Inflammation chronique, surinfection de la peau, croûtes épaisses jaunâtres + fièvre, + grande sensibilité aux virus, notamment l’herpès.
- Traitements : Éviter les facteurs favorisants, hydratation régulière de la peau pour éviter les poussées, corticothérapie locale en cas de poussées, ou corticothérapie générale en cas de surinfection.
IV. LA DYSHIDROSE :
- Définition : La dyshidrose est une forme élective de l’eczéma au niveau palmo-plantaire. Elle donne une poussée de petite vésicule qui sont enchâssées dans l’épiderme.
- Localisation : Elles sont localisées au niveau palmo-plantaire et plus particulièrement sur les faces latérales des doigts (moins net au niveau des orteils).
- Etiologies : - Idiopathiques pour la plupart, saisonnière ou non, probablement une origine au niveau des glandes sudorales.
- Forme secondaire due à un stimulus primaire : infection microbienne ou mycosique ; eczéma de contact allergique.
- Évolution : - Soit vésicules discrètes qui vont spontanément se dessécher et vont laisser une desquamation.
- Parfois, la dyshidrose s’étend et peut s’accompagner de bulles avec risque de surinfection et de pustules. Le prurit est intense et peut s’accompagner de crevasses et de plaies.
- Diagnostic différentiel : pustulose palmo-plantaire (psoriasis pustuleux).