Psoriasis du pied
I. GÉNÉRALITÉS :
Le psoriasis est une dermatose érythémato-squameuse qui s’accompagne d’une cornification anormale de la peau, associée à une augmentation de l’activité mitotique de l’épiderme : c’est une maladie prolifératrice de l’épiderme.
Cette pathologie, qui est une des dermatoses les plus fréquentes, est sous la dépendance d’un facteur génétique qui va s’exprimer sous l’effet de différents facteurs : environnement, stress.
On distingue différents aspects cliniques :
- le psoriasis vulgaire : c’est le plus fréquent. Il touche les faces d’extension des articulations et présente trois signes cliniques caractéristiques :
- signe de la tache de bougie : blanchiment de la lésion après grattage
- signe d’une lamelle qui se décolle en bloc
- signe de la rosée sanglante : suintement de micro gouttes de sang
- le psoriasis des plis (inter-fessiers, inguinaux, sous mammaire…)
- le psoriasis du visage et du cuir chevelu (bordure du cuir chevelu, sourcils, ailes du nez…)
- le psoriasis des muqueuses (rare)
- le psoriasis palmo-plantaire
- le psoriasis des ongles
II. SIGNES CLINIQUES DU PSORIASIS PLANTAIRE :
L’atteinte est le plus souvent bilatérale. Le diagnostic est difficile, car il existe plusieurs tableaux cliniques :
- la forme classique : - taches ou plaques érythémato-squameuses, arrondies, bien délimitées
- souvent, cela déborde au niveau de la cheville
- les clous psoriasiques : petites élevures lenticulaires, assez fermes et entourées d’une bordure légèrement rouge
- la kératodermie psoriasique : - elle donne un aspect de carapace kératosique, plus ou moins épaisse et bien délimitée
- cette couche jaunâtre repose sur une base normale, ou légèrement rosée
- elle peut être diffuse, accompagnée de fissures ou de crevasses douloureuses, ou localisée, par exemple, au niveau du talon
- la pulpite sèche : - atteinte des pulpes qui donnent un aspect épaissi, plus ou moins érythémateux, avec parfois, quelques squames
III. SIGNES CLINIQUES DU PSORIASIS DES ONGLES :
C’est une atteinte assez fréquente (30 % des cas), rarement isolée, et qui peut prendre également différents aspects cliniques :
- ongle en dé à coudre : - forme la plus typique correspondant à la présence de petites érosions
- il peut coexister des stries transversales traduisant une atteinte matricielle
- leuconychie
- dyschromie Ces différentes atteintes nécessitent
- destruction totale de l’ongle de faire un diagnostic différentiel
- onycholyse avec une atteinte mycosique
- pachyonychie, souvent accompagné d’un péri-onyxis
IV. LES FORMES CLINIQUES GRAVES :
· Le psoriasis pustuleux :
- la pustule est la lésion élémentaire qui contient un liquide blanc
- il atteint la plante, surtout au niveau de la partie interne de la voûte
- l’atteinte est bilatérale et symétrique et permet donc de faire un diagnostic
- les pustules peuvent être soit séparées, soit confluées en placards, ou on retrouvera une base érythémateuse rouge vif
- c’est une dermatose qui a tendance à s’étendre vers les faces latérales des orteils
- il existe une variante du psoriasis palmo-plantaire pustuleux : l’acrodermatite d’Hallopeau qui touche préférentiellement les extrémités des orteils, souvent de façon bilatérale avec un relatif respect des plantes. On aura très souvent une altération des ongles
· Érythrodermite psoriasique :
- il donne un tégument rouge, légèrement œdémateux, avec de la fièvre
· Psoriasis arthropatique (rhumatisme psoriasique) :
- il touche une ou plusieurs articulations, avec douleur inflammatoire
- l’atteinte est distale, ressemble à la PR, mais son atteinte est moins symétrique
- l’atteinte entraîne une déformation des orteils qui va toucher que les IPD
- dans un stade très évolué, on peut aboutir à une lyse des phalanges
V. TRAITEMENTS :
· Locaux (1ère intention) :
- Kératolytique (vaseline salicylée), pour les plaques très squameuses
- Goudrons, pour les plaques peu squameuses, vitamine D et corticoïdes
- Traitement par UVA, 2 fois par semaine
· Généraux (2ème intention) :
- Rétinoïne
- Traitement par UVA, 3 fois par semaine
- Traitement anticancéreux (méthotréxate)
VI. CONCLUSION :