Oedème des membres inférieurs
Un œdème correspond à une infiltration de liquide dans les tissus de l’organisme, et plus particulièrement dans les tissus conjonctifs.
Il existe de nombreux œdèmes sur le plan topographique :
- soit superficiel, sous cutanés ou muqueux
- soit profond : œdème pulmonaire ou cérébral
Les œdèmes des membres inférieurs sont les plus fréquents, et touchent surtout le segment jambier, la cheville et le pied.
II. DIAGNOSTIC POSITIF :
L’œdème des membres inférieurs est suspecté sur certains signes fonctionnel :
- lourdeur des jambes
- acro-paresthésies
- douleur au segment jambier, à la cheville et éventuellement au dos du pied
La certitude diagnostique est physique :
- œdème visible, soit global, soit localisé
Cet œdème est également palpable, avec différents aspects possibles :
- indolore et prenant le godet (réaction à la pression, qui sert à déterminer le degré de fibrose (la fibrose dépend de la quantité de protéines : si trop de protéine, les fibroblastes se nourrissent trop et produisent beaucoup de fibres, ce qui aboutit à la fibrose)
- consistance tendue de la région palpée et ne prenant pas le godet
- dépression de l’œdème à la palpation, sans prise du godet et avec douleur
De plus, on doit toujours caractériser un œdème des membres inférieurs sur :
- sa consistance : dur, mou, prenant le godet
- son caractère indolore ou douloureux
- sa localisation
- le moment ou il est le plus intense
- l’existence éventuelle de signes associés
Toutes ces caractéristiques permettront d’orienter vers l’étiologie.
III. DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL :
|
|
Veineux |
Lymphatique |
Traumatique |
Généralisé |
|
Localisation |
Région péri-malléolaire, puis segment jambier |
Racine du membre inférieur, dos du pied |
Lieu du traumatisme |
Membres inférieurs, puis remonte vers l’abdomen |
|
Couleur |
Normal ou violacé (télangiectasie, varicosité, varice) |
Blanc ou rouge (si lymphangite) |
Rouge |
Normal |
|
Douleur Sensation |
Jambes lourdes Acro-paresthésies Crampes aux mollets Douleurs aux mollets |
Pression, enraidissement |
Douleur lancinante et pulsative |
Pas de douleur |
|
Particularités |
Maximum vespéral et en fin de journée |
Permanent et dure |
|
|
|
Chaleur |
Peau luisante et chaude (phlébite) |
Froid ou chaud si lymphangite |
Chaud |
Normal |
|
Réaction à la pression (godet) |
À long terme |
Non |
Non |
Oui |
|
Unilatéral ou bilatéral |
Les deux |
Unilatéral |
Unilatéral |
Bilatéral |
IV. DIAGNOSTIC ÉTIOLOGIQUE :
On distingue 4 types d’œdème :
- les œdèmes d’origine veineuse :
- IVC
- thrombophlébite
- les œdèmes d’origine lymphatique (lymphodème) :
- primitif : congénital, malformation
- secondaire : - iatrogène
- infection : érysipèle, lymphangite
- post-thrombotique
- néoplasique
- inflammatoire
- parasitaire : filariose (éléphantiasis)
- les œdèmes d’origine traumatique :
- entorses
- fractures
- luxations
- les œdèmes généralisés :
- origine cardiaque : insuffisance ventriculaire droite
- origine digestive : malnutrition
- origine médicamenteuse : anti-calciques, dérivés nitrés, AINS, œstro-progestatifs
- origine gynécologique : grossesse, syndrome prémenstruel
- origine rénale : insuffisance rénale chronique
- origine hépatique : cirrhose
V. CONCLUSION :
L’œdème n’étant qu’un symptôme, son traitement est essentiellement étiologique.
Le traitement symptomatique fait appel à des médicaments et à des traitements physiques :
- kinésithérapie : drainage lymphatique, massage
- orthèses plantaires