Complications du diabète
I. RAPPELS SUR LE DIABÈTE :
Le diabète sucré est une pathologie métabolique en rapport avec le pancréas endocrine qui produit, par l’intermédiaire des îlots de Langérhans, une hormone hypoglycémiante : l'insuline.
On parle de diabète lorsqu’il y a une hyperglycémie, sachant que le taux de glycémie physiologique est compris entre 0.8 et 1.2 g / l de sang. Il existe deux types de diabète :
- Le DID (diabète maigre) qui touche l’enfant et entraîne un amaigrissement. C’est une maladie auto-immune qui entraîne une destruction du pancréas et donc un déficit insulinique. L’expression clinique est : polyphagie, polydipsie, polyurie, avec asthénie et amaigrissement.
- Le DNID (diabète gras) qui touche l’adulte et encore plus le sujet âgé et qui est souvent lié à une surcharge pondérale et à des excès alimentaires. Dans ce cas, il n’y a pas de déficit en insuline, mais un état de résistance à l’insuline favorisée par la surcharge graisseuse. Il n’y a pas d’expression clinique et les seules manifestations sont donc les complications.
II. COMPLICATIONS :
Les complications du diabète sont nombreuses et diverses et d’autant plus fréquentes que le diabète est mal contrôlé. Elles correspondent à une atteinte vasculaire (artériopathie des membres inférieurs) et à une atteinte neurologique (neuropathie diabétique).
1) ATTEINTE VASCULAIRE :
a) micro-angiopathies : - Rétinopathie entraînant des troubles visuels : cécité
- Néphropathie entraînant une insuffisance rénale chronique
b) macro-angiopathies : - Atteinte coronarienne à type d’angine de poitrine ou d’infarctus du myocarde
- Atteinte vasculaire cérébrale pouvant conduire à une hémiplégie où à une tétraplégie
- Artériopathie des membres inférieurs
Au niveau des pieds, il s’agit d’une artériopathie oblitérante des membres inférieurs, souvent précoce et rapidement évolutive. Cette artériopathie est cependant majorée par la neuropathie associée, surtout sur le plan de la trophicité. Sur le plan algique, la douleur artérielle est en partie compensée par les troubles sensitifs de la neuropathie.
Le pied sera froid, avec une absence de pouls, une peau fine et luisante, une perte de la pilosité, une atrophie des tissus sous-cutanés, un épaississement des ongles, des onychomycoses. Les complications sont : gangrène, nécrose, dues à une plaie manquant d’O2 pour cicatriser (infection).
2) ATTEINTE NEUROLOGIQUE :
- Phénomène ischémique par atteinte des micro-vaisseaux qui nourrissent les nerfs.
- Présence de dépôt glucidique dans les nerfs ce qui entraîne des modifications morphologiques des nerfs d’où des phénomènes de compressions possibles et d’anomalies fonctionnelles.
- Cette neuropathie peut s’exprimer de plusieurs façons :
- Polynévrite (très fréquent)
- Multinévrite (plus rare)
- Mal perforant plantaire
- Arthropathie nerveuse : pied cubique de Charcot
La polynévrite diabétique : C’est une pathologie neurologique périphérique tronculaire, particulière par l’atteinte simultanée de plusieurs troncs nerveux de façon bilatérale et symétrique, avec prédominance distale (atteinte des 2 pieds de façon bilatérale et symétrique). Au début, ce sont des signes sensitifs subjectifs à type de paresthésie puis de douleurs. Il s’y ajoute ensuite des signes sensitifs objectifs à type d’hypoesthésie voire d’anesthésie. Ces troubles sont bilatéraux et symétriques "en chaussette". Cette hypoesthésie ou anesthésie peut masquer l’éventuelle artériopathie et surtout favoriser les lésions aux pieds par des agents traumatisants. Ensuite apparaissent des troubles trophiques comme la sécheresse de la peau, la chute de pilosité et les ongles striés et cassants.
La multinévrite : C’est une toute autre pathologie, beaucoup plus rare et beaucoup plus grave, mais possible dans le diabète. C’est une pathologie neurologique périphérique tronculaire, avec un seul tronc atteint à la fois mais avec succession d’atteinte (succession de mononévrites). Les signes de multinévrites sont au début sensitifs subjectifs à type de douleurs intenses puis apparaissent des troubles moteurs à type de paralysie brutale entraînant un steppage au niveau du pied. Les séquelles motrices sont fréquentes.
Le mal perforant plantaire : C’est une perte de substance des parties molles qui présente plusieurs particularités : lésion profonde, large, indolente (affirmant l’origine neurologique du trouble). Cette lésion ne présentant aucune tendance spontanée à la cicatrisation peut conduire à une infection. Il peut s’y associer un œdème et une hyper-sudation de l’ensemble du pied.
L’arthropathie nerveuse : elle touche essentiellement le pied dans le diabète et est caractérisée par une déminéralisation osseuse et par un tassement osseux d’où des modifications anatomiques évidentes au pied avec affaissement de la voûte plantaire, élargissement et raccourcissement du pied pour réaliser le pied cubique de Charcot
III. CONCLUSION :
Quel que soit le type de diabète, il faut toujours prendre des précautions pour les pieds :
- Soins pédicuraux réguliers (limage des ongles dans les coins, callosités…)
- Hygiène renforcée : éviter les bains trop chauds, porter des chaussettes propres en coton, examen quotidien des pieds et des chaussures
- Conseils de chaussant : pas de couture interne, cuir souple, tige souple
- Éviter tout geste traumatisant sur le pied : soins pédicuraux sur prescription médicale
- Adaptation du matériel des orthèses : éviter matériels traumatisants (liège)
- Nécessité de faire un bilan vasculaire et neurologique aux pieds à chaque soin
De plus, sur le plan thérapeutique, la prévention est capitale :
- Bonne équilibration du diabète
- Hygiène de vie du patient avec surtout régime adapté et interdiction d’alcool et de tabac
Dans certains cas, la chirurgie vasculaire où orthopédique est nécessaire.
La prévention est la mesure la plus efficace pour diminuer le nombre d’amputation. Elle repose sur l’individualisation des patients à hauts risques et sur une prise en charge pluridisciplinaire. Rien, chez un diabétique, ne doit être pris pour un détail en matière de surveillance.