Signes cliniques et complications d'une artériopathie des membres inférieurs
1-Définition :
Ce n'est pas une artérite, mais une artériopathie obstructive ou oblitérante.
Il existe, par ailleurs, de véritables artérites qui sont des maladies générales, et en particulier, la maladie de Horton (= artérite temporale), et la péri artérite noueuse ou P.A.N.
L'artérite des membres inférieurs est une pathologie favorisée par l'athérome, mais certains facteurs toxiques jouent un rôle capital ; surtout l'alcool et, également, le tabac.
Cette pathologie est également favorisée par le diabète sucré, avec association d'une pathologie artérielle et neurologique qui modifie le tableau clinique.
Le tableau clinique est décrit en 4 stades chronologiques et non obligatoires, comprenant à la fois, les signes cliniques et les complications de cette pathologie.
2-Le tableau clinique
Cette pathologie évolue en 4 stades non obligatoires :
Le plus souvent il n'existe aucuns signes fonctionnels et le diagnostic est évoqué par la prise d'un pouls distal, ou l'on constate une diminution du pouls.
Cet examen local, a été justifié, soit par un terrain diabétique, soit par un terrain alcoolo tabagique ;
Ce pouls peut être vérifié par la constatation d'un refroidissement des extrémités.
Dans certains cas, il existe des manifestations fonctionnelles discrètes :
- accro paresthésies,
- sensation de froid dans les pieds,
- crampe au niveau des membres inférieur ;
Le pédicure podologue, lors de son bilan vasculaire incluant notamment un examen artériel avec perception de pouls bilatéral (dorsal anciennement appelé pédieux, et tibial postérieur) peut avoir un rôle préventif et de diagnostic de l'artériopathie des membres inférieurs.
La pathologie est alors dominée par une douleur dans le membre inférieur, qui se déclenche à l'effort, en raison d'une ischémie ; cet effort est alors une simple marche.
C'est donc une douleur mécanique disparaissant au repos.
La douleur va entraîner une boiterie ;
Cette douleur est très intense au point d'arrêter la marche ce qui entraîne un arrêt de l'ischémie et, donc une disparition de la douleur.
La douleur va réapparaître dans les mêmes conditions, et, en particulier, dans les mêmes délais.
Ce symptôme est quasiment spécifique de l'artérite des membres inférieurs.
Ce symptôme existe cependant dans d'autres pathologies, telle qu'un canal lombaire rétréci.
Une claudication intermittente ne cache pas obligatoirement une artériopathie des membres inférieurs.
A ce stade, il existe des troubles trophiques :
- refroidissement des extrémités,
- altération des ongles et de la pilosité locale.
A ce stade la douleur survient au repos, et, en particulier, en décubitus.
La douleur devient alors très pénible, avec un caractère insomniant, et un retentissement rapide de l'état général.
On constate alors une aggravation rapide des troubles trophiques, vers des ulcérations. (absence de pouls également..)
Ce stade est un virage évolutif de la maladie, ainsi que de la thérapeutique.
Ce sont, d'abord, des ulcérations, surtout au pied, souvent au dos du pied, avec une douleur très intense, lésion profonde, mais étroite.
Les douleurs peuvent être atténuées en cas de neuropathie associés, surtout dans le cas d'un pied diabétique ou d'une polynévrite alcoolique.
L'autre lésion trophique est encore plus sévère à type de nécrose de tout un segment, à type de gangrène, avec évolution ascendante.
Cette gangrène peut survenir spontanément ou secondairement à un traumatisme local (plaie, infection…).
Cette évolution naturelle en 4 stades, peut être enrayée par un traitement bien adapté et bien suivi.
Les complications principales de cette pathologie sont les troubles trophiques qui sont soit mineurs, soit majeurs suivant le stade.
3-Les principes thérapeutiques :
Il existe un aspect préventif au traitement de cette pathologie :
- lutte contre le tabagisme et l'alcoolisme,
- lutte contre les facteurs favorisants de l'athérome ;
Le diagnostic est affirmé par un Doppler artériel.
Le traitement curatif dépend du stade évolutif :
- au 2 premiers stades, le traitement est essentiellement médical ;
- dans les derniers stades, la chirurgie prend de l'importance ;
Le traitement médical est, cependant, nécessaire tout au long de la maladie :
- hygiène de vie,
avec suppression de l'alcool et du tabac, accompagné d'un régime hypocalorique.
- médicament
vasodilatateur, et anti-aggrégant plaquettaire
- traitement symptomatique,
- en plus, crénothérapie (cure thermale).
Le traitement chirurgical est nécessaire au stade ou la douleur est intense et permanente, ou quand les troubles trophiques deviennent majeurs.
La chirurgie a plusieurs aspects :
- stratégie de désobstruction,
avec une thrombo-endartériectomie, ou dilatation, ou pontage.
- stratégie d'amputation,
au stade de la gangrène.
Le pédicure podologue joue un rôle préventif et de diagnostic dans cette pathologie, lors des stades 1&2 ; alors l'orientation médicale s'impose afin d'affirmer le diagnostic.
Lors des soins effectués chez ses patients à risque, le pédicure podologue devra prendre des précautions :
-soins pédicuraux précautionneux et sur prescription médicale si présence d'infection
-conseils de chaussants (cuir souple, pas de couture à l'intérieur, empeigne haute et large, éviter les tiges trop rigides, vérifier l'intérieur de la chaussure avant le chaussage)
-éviter de marcher pieds nus
-conseil de marcher régulièrement
-matériel orthétique non agressif
-application et prescription d'une crème hydratante en cas de sécheresse de la peau.