Arthrite septique
I. GÉNÉRALITÉS :
Ce sont des arthrites déclenchées par un germe présent dans l’articulation (contrairement aux arthrites réactionnelles ou le germe n’est pas présent dans l’articulation : FLR, RAA). Les véritables arthrites infectieuses sont très sévères et évoluent en quelques semaines vers des destructions articulaires rapides et complètes.
Il s’agit d’une infection locale, mais importante, avec risque de diffusion septicémique. Ces arthrites septiques engagent à la fois le pronostic vital et le pronostic fonctionnel.
II. ÉTIOLOGIES :
Ce sont d’abord les effractions articulaires :
- plaie articulaire
- geste chirurgical articulaire
- geste médical articulaire (synoviorthèse, infiltration de corticoïde, ponction articulaire)
Il peut s’agir également d’une infection osseuse qui migre vers l’épiphyse et entraîne secondairement une arthrite septique : il s’agit alors d’une ostéite ou d’une ostéomyélite qui se complique d’une ostéoarthrite.
L’arthrite peut faire suite à une septicémie dans le cadre d’une métastase infectieuse.
III. TABLEAU CLINIQUE :
Il est dramatique :
- Sur le plan local, il existe une douleur inflammatoire extrêmement intense, permanente, avec impotence fonctionnelle absolue, gonflement débordant la région, chaleur intense, turgescence des vaisseaux et rougeur articulaire avec peau luisante et tendue.
- Sur le plan régional : on retrouve des adénopathies multiples et volumineuses.
- Sur le plan général : fièvre et altération profonde de l’état général (asthénie, anorexie, amaigrissement).
IV. EXAMENS COMPLÉMENTAIRES :
C’est la biologie qui est fondamentale et qui va porter sur le sang et sur le liquide articulaire.
§ La biologie capitale est celle du liquide articulaire qui impose une ponction en urgence et conduit à deux examens : - examen bactériologique avec nécessité d’une culture mais permettant d’affirmer le diagnostic et d’adapter le traitement d’antibiotique grâce à l’antibiogramme.
- examen cytologique qui va retrouver un liquide inflammatoire : incolore, fluide et comportant de nombreux polynucléaires.
§ La biologie du sang montrera une VS et des GB augmentés. Elle est importante car elle permet la recherche du germe qui témoigne, soit d’une septicémie initiale ayant entraîné une métastase dans l’articulation, soit d’une arthrite septique initiale se compliquant d’une septicémie secondaire.
§ La radiographie au début est normale, sauf la présence évidente d’un gonflement articulaire. Au bout d’environ deux semaines, les signes destructeurs apparaissent : déminéralisation, pincement, érosion. Et, en quelques semaines, ce sont les signes destructeurs majeurs : amputation osseuse, disparition de l’interligne, géodes.
V. TRAITEMENTS :
Il est d’abord préventif :
- limitation des gestes agressifs articulaires (ponction, infiltration, arthroscopie)
- utilisation de matériel stérile, si possible à usage unique pour ces gestes
- traitement précoce de toute ostéomyélite, qu’elle soit primitive ou secondaire à une fracture ouverte
- traitement précoce et efficace de tout foyer infectieux et surtout antibiothérapie massive en cas de septicémie
Le traitement curatif est chirurgical et c’est une urgence. Ce traitement consiste en l’association de deux moyens : - antibiothérapie lourde
- gestes locaux avec immobilisation plâtrée et ponctions évacuatrices répétées, voire drainage permanent
Dans certains cas, il est même nécessaire de pratiquer une chirurgie sanglante, soit pour évacuer le pus, soit à distance de l’infection à type de chirurgie réparatrice. Cette dernière est limitée car les prothèses sont déconseillées dans un tel contexte d’antécédents infectieux.
VI. CONCLUSION :