Allergies médicamenteuses
I. INTRODUCTION :
L’allergie est une pathologie mettant en cause l’immunité sur un model d’excès immunitaire : on parle de pathologies immuno-allergiques. Il s’agit d’une réaction excessive de l’immunité face à un antigène étranger : un allergène. Dans ce cas, il y a disproportion entre l’irritation et la réaction immunitaire. C’est la réaction immunitaire qui sera responsable des manifestations cliniques.
Le mécanisme de ces pathologies nécessite deux protagonistes : un allergène et un terrain particulier.
Les allergènes sont des structures antigéniques retrouvées dans de nombreux produits et notamment dans les médicaments.
II. LES DIFFÉRENTES MANIFESTATIONS ALLERGIQUES :
Les manifestations allergiques sont très nombreuses, très diverses et de gravité variable.
Les manifestations banales sont essentiellement cutanéo-muqueuses. Pour la peau, ce sont soit un simple prurit, soit le plus souvent une éruption comme l’eczéma et l’urticaire. Au niveau des muqueuses, ce sont surtout des conjonctivites allergiques et des rhumes des foins.
L’eczéma de contact correspond à un eczéma aigu qui est caractérisé par 4 stades : érythème, vésicules, exulcération, croûte. Il peut également s’agir d’un eczéma chronique (érythème, squames) qui va s’entretenir par le grattage des plaques.
Chez le nourrisson, il est localisé au niveau du front, des joues et du menton ; chez l’enfant et l’adulte, il est localisé au niveau des plis cutanés, des paupières, des plis du coude, des creux poplités et derrière le lobe des oreilles.
Les allergènes de contact sont très nombreux : nickel (bijou fantaisie), les topiques (baume du Pérou, Bétadine), les parfums, les anesthésiques locaux, les sparadraps, les colorants, les végétaux (tulipe).
L’urticaire se manifeste par des papules de taille variable, parfois étendues en vastes placard, de couleur rosée, prurigineuse. Il existe un urticaire particulier, dit urticaire géant, ou œdème de Quincke qui atteint le plus souvent la face et qui peut mettre la vie en danger lorsqu’il touche la muqueuse laryngée.
Les allergies peuvent également atteindre d’autres muqueuses comme :
- œil et paupière : conjonctivite. L’œil est rouge et gonflé
- bronche et poumon : asthme avec œdème des muqueuses caractérisée par une dyspnée et un sifflement à l’auscultation
Il existe également les accidents de la sérothérapie :
- les accidents précoces : choc anaphylactique, dès la fin de l’injection : malaise général grave, avec frissons, pâleur, angoisse, palpitations, chute de la tension artérielle, étouffements, convulsions, coma. (Ex : pénicilline)
- les accidents tardifs : maladie sérique, 10 jours après l’injection : fièvre, fatigue, courbatures, œdème et gonflement des articulations
III. LES PRINCIPAUX ALLERGÈNES MÉDICAMENTEUX :
- Les antibiotiques : la pénicilline est plus allergisante que la céphalosporine (ils font tous les deux partie des b-lactamines). Il existe une incompatibilité entre certaines maladies virales et l’utilisation de certaines pénicillines créant des réactions cutanées. Les autres antibiotiques comme les tétracyclines et les macrolides donnent aussi des allergies avec des éruptions cutanées.
- Les anesthésiques généraux : les curares et les myorelaxants.
- Les hormones : issues des animaux. Maintenant, la plupart sont synthétisées et sont donc moins allergisantes.
- Les vitamines A et B.
- Les tranquillisants
- L’aspirine : elle peut tout donner : asthme, allergie cutanée, œdème, choc anaphylactique…
IV. LES TRAITEMENTS :
Il faut avant tout déterminer l’allergène et le supprimer.
Le traitement symptomatique est la prescription d’antihistaminiques car les manifestations allergiques sont pour la plupart chimiquement induites par une décharge d’histamine dans le territoire concerné par l’allergène responsable.
Le traitement curatif sera d’essayer de désensibiliser le patient par des injections progressivement croissantes de l’allergène responsable.
V. CONCLUSION :
Afin d’éviter tout risque d’allergie, en tant que pédicure-podologue, nous devons pratiquer un interrogatoire rigoureux à la recherche d’antécédents allergiques (Bétadine).