Prévention des infections (décontamination, désinfection, asepsie, antisepsie, stérilisation ...)
I. INTRODUCTION :
L’infection ne correspond pas à la simple présence de germes dans l’organisme. Il existe en effet un équilibre entre les germes et l’organisme d’accueil. L’infection correspond à la rupture de cet équilibre qui peut provenir de deux causes : le germe devient plus virulent, ou l’organisme d’accueil s’affaiblit.
Pour prévenir des infections, le respect d’une hygiène irréprochable est nécessaire afin d’éviter l’intrusion puis le brassage de germes pathogènes au sein de la structure de soin. Ces méthodes que regroupe le terme hygiène doivent être appliquées au niveau : du matériel utilisé pour le soin (si non-utilisation de matériel jetable), des locaux, du patient, du praticien lui-même.
II. HYGIÈNE CONCERNANT LE PRATICIEN :
1). La tenue : Elle requière : - Tenue correcte exigée
- Le port d’une blouse blanche en coton
2). Le lavage des mains :
Il devra s’effectuer avant chaque soin, après avoir quitté le patient, et après avoir touché un objet contaminant. Pour cela, on devra retirer tous les bijoux pour permettre un lavage efficace des mains et des avant-bras.
Ce lavage devra être rigoureux :
- A l’eau froide et avec un savon liquide provenant d’un distributeur
- Rincer abondamment
- Essuyage à l’aide d’un papier à usage unique
- Fermeture et essuyage des robinets à l’aide d’un papier
Le port de gants est fortement conseillé tant pour préservé le patient que le praticien lui-même. Il nécessite également une hygiène irréprochable et ne dispense en aucun cas du lavage des mains. Ils sont à usage unique et doivent être jetés toutes les 35 minutes, à chaque fin de soin et après tout contact avec un agent contaminant. Le port de gants est obligatoire en cas de blessure du praticien.
3). La protection des yeux et des voies respiratoires :
Elle est obligatoire en cas de manipulation de produits toxiques. Il en sera de même pour l’affûtage des instruments et aussi le fraisage sans aspiration des ongles ou orthèses digitales ou il faudra alors porter un masque en papier.
III. HYGIÈNE CONCERNANT LE PATIENT :
Avant de commencer le soin, il faudra ranger tout objet contaminant comme les vêtements, les sacs et les chaussures après avoir procédé à leur observation.
En ce qui concerne le soin, il faudra avant tout procéder à l’antisepsie des deux pieds afin de travailler dans un milieu qui soit au maximum dépourvu de germes. L’antisepsie correspond à l’ensemble des méthodes qui ont pour but de détruire les microbes dans un organisme vivant ou à sa surface.
L’antisepsie est plutôt une méthode curative par rapport à l’asepsie qui est une méthode préventive et qui correspond à l’ensemble des mesures propres à empêcher tout apport exogène de micro-organisme.
Comme différents antiseptiques à notre disposition, nous pouvons citer : Alcool à 70°, DAKIN, HÉXOMÉDINE, BÉTADINE…
S’il y a nécessité d’effectuer un pansement, sa mise en place devra se faire avec le maximum de rigueur (compresse stérile, spatule, afin d’éviter tout contact manuel avec la compresse). Il conviendra au préalable de s’informer d’une éventuelle allergie à l’un des composants de l’antiseptique.
A la fin du soin, on pourra nettoyer entièrement les pieds avec une compresse imbibée de sérum physiologique afin d’éviter tout risque d’interaction médicamenteuse.
IV. HYGIÈNE CONCERNANT LES LOCAUX :
Les déchets (champs, gants, lames…) devront être jetés dans les réceptacles réservés à cet effet. A la fin du soin, les fauteuils, podoscopes et plans de travail devront être nettoyés avec un produit spécifique.
De plus, les murs et les sols devront être désinfectés. La désinfection correspond à la destruction des agents infectieux hors de l’organisme, par application directe d’agents physiques ou chimiques.
V. HYGIÈNE CONCERNANT LE MATÉRIEL :
Vu que nous ne pouvons pas utiliser que du matériel jetable, il est primordial de rendre notre matériel le plus propre possible. Pour cela, nous disposons de deux méthodes complémentaires et indissociables :
- La décontamination
- La stérilisation
La décontamination correspond à la destruction du plus grand nombre de germes pathogènes par des techniques approximatives et dont le résultat ne peut offrir que des garanties limitées. La décontamination précède toujours la stérilisation. Pour décontaminer le matériel, on utilise des bacs contenant des paniers que l’on remplit d’eau, à laquelle on ajoute des produits décontaminants le plus souvent à base d’enzymes protéolytiques. Les caractéristiques de ces solutions seront bactéricides, fongicides et virucides. Le temps de trempage se situe entre 15 à 30 minutes et est spécifique de chaque produit. (Exemple : ANIOSYNE).
La stérilisation correspond au procédé tendant à l’élimination de toute vie microbienne et des virus.
Il existe différents type de stérilisation :
1). AVEC LA CHALEUR :
a). Vapeur humide :
C’est la meilleure stérilisation qui se fait par coagulation des protéines. On utilise pour cela des autoclaves de Chamberlin en milieu hospitalier et des plus petits autoclaves en pédicurie-podologie. Plusieurs cycles sont à notre disposition que nous choisirons en fonction de la fragilité des instruments : .121° pendant 15 minutes .134° pendant 3 minutes
b). Chaleur sèche :
Elle permet une destruction des germes et des protéines par oxydation. Cette stérilisation se fait au moyen d’un Poupinel. Plusieurs cycles sont à notre disposition :
.120° pendant 24H .160° pendant 2 H
.180° pendant 30 minutes (l’affûtage est alors nécessaire)
c). Flambage :
C’est une méthode très rapide et très efficace car la flamme du bec Benzène atteint une température de 800°.
d). Ébullition :
Les instruments sont plongés, pendant environ 30 minutes, dans de l’eau à 100° et même un peu plus, si on ajoute du borate de soude.
2). PAR RADIO STÉRILISATION :
Cette stérilisation très efficace est utilisée dans les industries pour tout le matériel jetable. Elle se fait par des rayons gamma, et elle est durable 5 ans. Le seul inconvénient de cette stérilisation est qu’elle ne permet pas une nouvelle stérilisation par gaz.
3). PAR GAZ CHIMIQUE :
On utilise de l’oxyde d’Éthylène. Le protocole impose une température de 50 à 55°. La durée de la stérilisation est fonction de la pression