Contentions et bandages du domaine du podologue
I. CONTENTIONS ADHÉSIVES SOUPLES (BANDAGES) :
· Matériaux utilisés :
Le pédicure-podologue a le droit d’effectuer des bandages (strapping) au niveau du pied, la talo-crurale étant exclue. La réalisation des contentions élastiques nécessitera un examen clinique qui tiendra compte du type de la douleur, de la réductibilité de la déformation et de l’étiologie de la déformation.
On utilise de l’élastoplaste qui est une bande de toile tissée, enduite ou non de colle sur une face. Cet élastoplaste, qui est de largeur variable, peut être élastique dans le sens longitudinal, transversal, ou les deux. Mais, il peut être aussi inextensible.
· Action mécanique :
- limitation des mouvements en limitant un degré de liberté de l’articulation afin d’éviter un mouvement pathologique forcé. Cette limitation va dépendre de l’élasticité et du mode d’encrage
- amortissement de l’onde de choc dans le cadre, par exemple, d’une tendinite
- mettre un élément au repos, en rapprochant les point d’insertion, en cas d’une tendinite
- le maintien, car l’application d’une bande avec une certaine tension provoque une pression sur la région concernée. On pourra avoir un maintien musculaire ou un soutien d’un segment corporel après paralysie. Ce maintien permet de corriger une attitude, ou de maintenir une correction afin d’éviter une déformation (PBVE)
· Effet extéroceptif :
Une fois collée, la bande sollicite la sensibilité superficielle : les mouvements transmis à la peau font un « rappel à l’ordre » de type nociceptif qui :
- limitera les activités
- permettra d’éviter un mouvement à risque orthopédique
- limitera un mouvement avant le déclenchement de la douleur
· Effet vasculaire :
Le bandage pourra éviter un œdème post-traumatique s’il est posé dans les minutes qui suivent le traumatisme. Ce bandage devra être complètement fermé.
· Effet psychologique :
Une fois maintenu, le sujet se sent en confiance, retrouve une sensation de stabilité dans ses activités, mais il peut s’installer un phénomène de dépendance
· Indications :
- Entorse de Lisfranc - Entorse de Chopart
- Tendinopathie du LEH - HV douloureux
- PBVE - métatarsus varus
- Angulation du 5ème métatarsien - fracture d’un orteil (syndactylie)
· Contre-indications :
- allergie à la colle
- troubles trophiques : ulcère, escarre, mal perforant plantaire,
- affections dermatologiques évolutives
- lésion traumatique nécessitant une immobilisation stricte ou un traitement chirurgical
- troubles sensitifs
- troubles vasculaires : télangiectasie, varice
- œdèmes ou hématomes pouvant être aggravés par la contention
- peau fragilisée, trop fine
· Matériaux utilisés :
La réalisation de ces contentions nécessitera également un examen clinique qui tiendra compte du type de la douleur, de la réductibilité de la déformation et de l’étiologie de la déformation.
On utilise des matériaux thermoformables comme le Polysar, le San plint ou l’aquaplast. Ces matériaux seront maintenus en place par des bandes velcro, ce qui permettra également un réglage.
· Indications et rôles :
- déformation réductible et congénitale chez l’enfant comme : une angulation du 5ème métatarsien, un quintus varus, un supra ou infraductus
- hallux valgus douloureux en réaxant l’hallux pour éviter les douleurs inflammatoires nocturnes, et en empêchant les rétractions capsulo-ligamentaires et donc le caractère évolutif de la maladie
- hallux abductus
- complément de traitement en cas d’HV, en associant les contentions aux orthoplasties et aux orthèses plantaires
· Contre-indications :
- troubles trophiques : ulcère, escarre, mal perforant plantaire,
- affections dermatologiques évolutives
- lésion traumatique nécessitant une immobilisation stricte ou un traitement chirurgical
- troubles sensitifs
- œdèmes ou hématomes pouvant être aggravés par la contention
· Traitement :
- Elle se porte la nuit, et si possible, toute la nuit
- La durée du traitement est variable, mais généralement, il y a une phase correctrice qui dure 2 mois, suivie d’une phase de contention qui maintient la correction, qui dure également 2 mois
- La contention peut au début induire des douleurs, il faudra donc adapter le traitement : la porter 2 heures la 1ère semaine, puis 3 heures la suivante, etc.
III. CONCLUSION :
Dans son exercice professionnel, le pédicure-podologue est amené à rencontrer des patients ayant des bandages de contention dans le cas d’œdème lymphatique ou veineux.
La mise en place d’un bandage lymphatique requière une technique très particulière qui n’entre pas dans notre domaine de compétence. Il est donc préférable d’effectuer un soin avant sa mise en place par le kinésithérapeute si ce bandage ne présente pas d’ouverture distale.
Par contre, en cas d’œdème veineux, il arrive que l’on ait à retirer le bandage pour pratiquer le soin et que l’on ait à le refaire tout en suivant certaines consignes : le patient doit être allongé pendant minimum 15 minutes, on tend la bande à 50 %, on ne fait pas de plis, la pression doit être constante partout et, on ne doit pas laisser de zone libre car l’œdème s’y accumulerait. La pose du bandage se fait du bas vers le haut.
Lorsque l’œdème est stabilisé, la patiente peut porter des bas de contention (avec une taille en rapport direct avec son œdème) qui doivent, pour être efficaces, être mis jambe horizontales, après avoir été allongée pendant au moins 15 minutes. Notre rôle sera préventif en redonnant à la patiente les consignes pour bien les mettre.