Orthèses plantaires, principes d'action des éléments orthétiques
I. DÉFINITION :
Les orthèses plantaires sont des appareillages amovibles, spécifiques, destinés à être placés dans les chaussures de série et dont l’indication et la conception dépendront des données recueillies au cours de l’examen clinique.
Comme tous les appareillages, les orthèses plantaires évoluent en fonction de la technologie, mais également par la compréhension des pathologies. Ainsi, l’orthèse plantaire peut avoir une action locale, mais également une action sus-jacente au niveau du membre inférieur en intervenant sur les trois plans de l’espace.
Les différents éléments qui constituent l’orthèse plantaire sont très variés, chacun ayant une orientation très précise, ce qui nécessite une recherche clinique approfondie afin d’adapter la conception des éléments au but recherché qui est de satisfaire aux impératifs morphologiques du patient.
C’est en fonction de l’étude de plusieurs paramètres, cliniques et technologiques, qu’une semelle orthopédique aura une action optimale et ne pourra se concevoir, de ce fait, sous une forme standardisée.
II. LES ÉLÉMENTS :
Parler d’orthèse plantaire nécessite d’envisager une analyse de tous les éléments constituant une semelle orthopédique :
1. La semelle première de support est la base sur laquelle vont être fixés les éléments envisagés. Ce support doit être en correspondance exacte avec la semelle première de la chaussure, mais peut être diminuée dans sa longueur pour libérer l’avant-pied. Le matériau utilisé est classiquement le cuir.
2. Les matériaux utilisés pour la réalisation d’une semelle orthopédique sont très variés, entre le liège brut et la mousse de polyuréthane, toute une panoplie existe, alliant différents paramètres tels que fermeté, résistance, compressibilité, diffuseur des pressions, restitution d’énergie…
3. Le recouvrement : la peausserie animale est la couverture habituelle des orthèses plantaires. Elle peut être remplacée par tout matériau synthétique ou naturel réputés non allergique, présentant des qualités au moins égales de solidité, d’hygiène et de confort.
III. PRINCIPES D’ACTION :
Il existe deux grands principes d’action : - la correction
- la compensation
A. La correction :
L’orthèse plantaire est destinée à corriger la statique défectueuse du pied ou une anomalie du relief plantaire. Lorsque l’on désire se pencher sur l’action des éléments constituant une orthèse plantaire, il est nécessaire de revenir sur des notions de force d’action et surtout de force de réaction. En effet, une orthèse plantaire n’a d’efficacité qu’en fonction de la charge qui lui est soumise, et nous ne pouvons agir sur le pied qu’en modifiant la réaction du sol, c’est à dire la réaction du support.
La charge est une force verticale orientée vers le bas. La réaction issue de cette charge (qui est toujours perpendiculaire au support) lui répond en fonction de la résistance et de l’orientation du support :
- Modification de l’orientation de la force de réaction en fonction de la coupe de l’élément : supinateur post., anneau talonnier, pronateur post. & ant., bande pronatrice…
- Anticipation de la réaction du sol en fonction de la hauteur de l’élément : talonnette, antéro et sous-capital…
- Modification de l’intensité de la réaction en fonction de la nature du support : plus le matériau est dur, plus l’intensité de la force de réaction est proche de celle de la force d’action (charge). De plus, un matériau absorbant diminue l’intensité de la force de réaction, alors qu’un matériau amortissant absorbe dans un premier temps l’énergie pour en restituer une partie dans un second temps.
B. La compensation :
Une orthèse plantaire est également destinée à envelopper et à compenser les anomalies du pied.
La compensation dépend de la pression qui est reliée à la force et à la surface par la relation suivante : P = F / S
Ainsi, afin de diminuer cette pression, le principe de la compensation se base sur l’augmentation de la surface d’appui, car on ne peut pas avoir d’incidence sur le poids du corps :
- BRC et ARC augmentent la zone de réaction du sol au niveau des cols et des diaphyses des métatarsien.
- L’hémicoupole augmente la zone de réaction du sol au niveau de l’arche interne.
- L’hémicoupole totale largeur augmente la zone de réaction du sol au niveau de l’arche interne jusqu’au bord latéral plantaire.
- La voûte élective ou sous diaphysaire de M1 augmente la zone de réaction du sol au niveau du col et de la diaphyse du 1er métatarsien.
IV. PÉRIODE D’ACTION DES ÉLÉMENTS ORTHÉTIQUE :
1. La phase taligrade : il n’y a pas d’élément ayant une action purement en phase taligrade. Ce sont plutôt des éléments qui agissent pendant les phases taligrade et plantigrade : talonnette, supinateur post., bande pronatrice.
2. La phase plantigrade : la plupart des éléments ont une action uniquement pendant la phase plantigrade : BRC, ARC, pronateur ant., hémicoupole. Mais, d’autres éléments ont une action sur les phases plantigrade et digitigrade : antéro et sous-capital.
3. La phase digitigrade : il n’y a pas d’éléments qui agissent uniquement sur la phase digitigrade. Ils agissent sur les phases plantigrade et digitigrade : antéro et sous-capital.
V. CONCLUSION :